Le 14 juin 2026 se tenait à Genève une manifestation opposée à la tenue du sommet du G7 d’Évian, rassemblant cette semaine les représentants des principaux exploiteurs des peuples du monde. Au cours de cette manifestation rassemblant plus de 30 000 personnes, un cortège international de la Ligue Anti-Impérialiste mondiale était présent, marquant la première manifestation publique d’ampleur de l’organisation. Retour sur une journée de feu.
Ce sont des centaines de personnes qui se sont rassemblés ce dimanche en Suisse sous les banderoles de la Ligue Anti-Impérialiste. Sous un soleil de plomb, des anti-impérialistes de toute l’Europe ont convergé vers Genève pour dénoncer la tenue du sommet impérialiste du G7, au milieu d’une mobilisation massive et déterminée.
Pendant près de 5 h, le cortège n’a cessé de grossir, concentrant d’abord les militants des sections nationales descendues pour l’évènement, puis des manifestants aux alentours. Les slogans chantés témoignent de l’esprit internationaliste de cette journée, qui nous rappellent que ce genre de contre-sommets concentrent de façon systématique la colère des peuples contre l’impérialisme. Ainsi, les chants anti-impérialistes ont résonné en turc, en allemand, en anglais et en français pendant toute la durée de la manifestation. La répression par la police dépêchée de 3 pays différents, particulièrement brutale et expéditive tout au long de la journée, n’a pas réussi à entamer l’unité du cortège, qui est resté en bloc solide malgré les tirs de grenades et de lacrymogènes.
Au sein du cortège, nous avons pu constater l’ampleur des moyens déployés par l’État suisse, mais aussi l’État français, pour couper court à une manifestation autorisée. Les discussions avec les militants présents ont notamment rendu compte du verrouillage des frontières et du ciblage systématique de certains profils, dont beaucoup ont été expulsés manu militari des postes douaniers et harcelés sur le chemin du retour par des contrôles pour les forcer à s’éloigner.
Pour les chanceux arrivés à Genève, ceux-ci se sont retrouvés face à des contrôles parfois à cinq reprises par les forces de l’ordre bourgeois, avec du vol arbitraire de matériel de protection contre les lacrymogènes et même des effets personnels, sur motif de leur couleur sombre. Nous sommes admiratifs des efforts de la police suisse dans leur lutte contre les sous-vêtements noirs. Une fois la manifestation lancée, le dispositif de répression a été particulièrement violent. Des familles venus manifester avec leurs enfants, des passants et même des touristes ont fait les frais des gaz lacrymogènes de 3 corps de police nationaux différents. Les choses sont claires : pour faire respecter la tranquillité des palabres des marionnettes de l’impérialisme, ses chiens de garde sont prêts à considérer 30 000 personnes de tous les horizons comme un danger mortel. En témoigne la nasse finale à la fin de l’évènement, qui ont retenu 300 personnes pendant plus de 9 h, à un endroit dont la police avait d’abord demandé l’évacuation, tout en bloquant toutes les issues. Au total, 28 personnes ont été arrêtées au cours de ce contre-sommet du G7, dont plusieurs ont été faite préventivement contre des militants dont le profil avait été visiblement partagé entre les différents services de répression nationaux.
Que nous dit cet évènement sur la situation actuelle ? D’abord, que la volonté des masses à l’internationale de lutter contre l’impérialisme et ses laquais progresse de jour en jour au fur et à mesure de l’aggravation de la crise à l’échelle mondiale. Cette détermination s’est observée par la combativité remarquable des manifestants, qui ont mis maintes fois la police en difficulté, par la grande hétérogénéité des organisations et des revendications mais aussi et surtout par la solidité des cortèges anti-impérialistes, qui n’ont pas reculé et ne se sont pas dispersés malgré la violence de l’État. Plus encore, la répression de ce contre-sommet du G7 illustre la précarité de la situation de l’impérialisme français, prêt à déployer un dispositif monstrueux pour empêcher toutes voix contestataires d’avoir libre cours sur son territoire, quitte à piétiner les droits démocratiques les plus élémentaires de circulation des personnes et de manifester, quitte à délocaliser la répression chez ses voisins. De plus, malgré le harcèlement et le fichage quasi-systématique aux portes du territoire suisse, les impérialistes suisses et français n’ont pas su empêcher la présence de la Ligue Anti-impérialiste et d’autres organisations à Genève en ce 14 juin. Notre rédaction félicite la coalition No-G7 d’avoir su, malgré la répression administrative, étatique et policière, d’avoir réussi à organiser cette manifestation.
Aujourd’hui plus que jamais, il est du devoir de tous les anti-impérialistes sincères de se grouper dans un bloc uni de refus de la guerre impérialiste et du pillage génocidaire permanent des centres impérialistes, et de faire converger les forces de manière collective et individuelle dans une grande coopération, dont la Ligue Anti-impérialiste se veut d’être l’une des pierres sur ce chemin. Ce contre-sommet a montré cette vérité de façon éclatante. Nos ennemis sont solidement organisés et face à cette volonté des masses, il est donc de la responsabilité de tous de justifier cette peur panique de la bourgeoisie en forgeant nos outils de combat pour mettre à bas ce système agonisant.






