Toulouse : La grève des travailleurs d’Action s’étend dans toute la France

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Le samedi 13 juin, une grève dans le magasin Action de la zone du Chapître, proche du quartier du Mirail, a paralysé l’activité pendant toute la journée, faisant perdre près de 60,000€ de profit aux patrons de l’enseigne. Mieux, la grève aura réunit 100 % de grévistes, fraîchement constitués en section syndicale CGT. Rapidement, le mouvement s’est étendu à d’autres magasins de Toulouse puis au reste de la France, jusqu’à se poursuivre aujourd’hui. Nos correspondants locaux ont pu suivre la lutte dès ses premiers instants.

Une étincelle…

Les cadences infernales chronométrées, le harcèlement des petits chefs toxiques même pendant les pauses où ils sont obligés de garder leur oreillette, et par dessus le marché, une paie de misère. Voilà le quotidien des prolétaires travaillant pour le monopôle Néerlandais. C’est d’abord contre ces conditions de travail que les employés du magasin Action Toulouse Chapître se sont dressés, en contactant l’UL CGT du Mirail et la fédération CGT Commerce et Services. Lorsque l’on touche à un prolétaire, c’est toute la classe que l’on attaque. C’est dans cette idée que les Unions Locales CGT permettent d’organiser les travailleurs de différents secteurs mais issus de la même zone géographique, de s’unir pour soutenir les luttes des uns et des autres, indépendamment de tout corporatisme. C’est ainsi qu’après plusieurs semaines de préparation mêlant peinture de banderoles, collages d’affiches et discussions, nous avons pu voir des ouvriers de la chimie, des animateurs périscolaires aussi bien que des travailleurs de Thalès rester toute la journée sur le piquet aux côtés de la quinzaine d’employés du magasin en grève – 100 % des effectifs en ce jour du 13 juin !

Bien sûr, les cadres ont tenté de briser la grève, en entrant notamment dans le magasin à plusieurs pour tenter de l’ouvrir, mais ils ne sont même pas parvenus à faire fonctionner le mécanisme du rideau de la porte principale. C’est ainsi que le directeur régional et ses sbires nous ont offert un rare spectacle : les voir en polo de travail ranger les rayons, travailler en somme – la pression des cadences en moins. Bien qu’il n’était pas officiellement fermé, le magasin n’aura accueilli aucun client en ce jour de grève, la détermination des grévistes distribuant des tracts à toute voiture s’en approchant ayant été infaillible. Ainsi, c’est plus de 60,000€ de profit – parmi les milliards par an générés par les travailleurs et volés par les patrons – que n’aura pas touché ce jour là Action. La journée s’est terminée dans un esprit combatif et la volonté brûlante de poursuivre la lutte jusqu’à la victoire.

… Allume la plaine

Que retenir de cette première journée de grève ? Si les revendications n’ont pas toutes directement abouti, l’accomplissement le plus précieux aura été d’élever l’organisation des travailleurs en lutte, concrétisée dans la section qu’ils ont formé. C’est une vingtaine de nouveaux syndiqués que compte désormais le territoire de l’Union Locale CGT du Mirail et Toulouse en général. Cette journée aura été pour beaucoup d’entre eux une première expérience de lutte organisée. La réaction de la direction du magasin ne se fera pas attendre, en toute illégalité les responsables ont intimidé et menacé de représailles toute personne faisant grève.

Dans les semaines qui ont suivi, la solidarité s’est étendue dans le quartier du Mirail où nous avons pu voir fleurir des graffitis en soutien au mouvement de grève. C’est significatif car de nombreux employés du magasin sont issu de ce quartier prolétaire emblématique de Toulouse. Des habitants organisés dans le Comité Populaire d’Entraide et de Solidarité du Mirail ont pu participer aux tracatges organisés sur les différents magasins Action du secteur de l’UL du Mirail, pour étendre le mouvement. Une soirée « barbecue de lutte » a été organisée par l’UL pour faire un point sur les luttes se déroulant sur son territoire avec notamment la lutte dans les écoles du quartier (que notre journal a couvert dans un article précédent), et le mouvement dans les magasins Action.

À l’absence des fiches de postes, à la définition floue des tâches et des responsabilités des employés et de tout les autres problèmes déjà mis en avant s’est ajouté le licenciement sans motif légal d’un employé de nationalité Marocaine, sous prétexte que son titre de séjour ne lui permettait pas de travailler. En avril son contrat a d’abord été suspendu jusqu’à la fin du mois de juillet, et aucune réponse à ses réclamations quant à la démarche qui incombe à l’employeur de faire une demande d’autorisation de travail auprès de la préfecture. Ils ont toujours répondu à côté feignant de ne pas comprendre et surtout en lui renvoyant la responsabilité, lui prétextant son absence de démarches et une situation administrative qui ne lui permettait pas de travailler. Pour la bourgeoisie, les prolétaires immigrés sont une main d’œuvre particulièrement exploitable, dont ils peuvent se débarrasser facilement quand ils osent se dresser pour faire respecter leurs droits et leur dignité. Le responsable régional, plusieurs fois interpellé par le syndicat lors des piquets de grève, a refusé de rendre des comptes. La lutte se poursuit avec ardeur. Portant la revendication de sa réintégration au cœur du mouvement, ses collègues font preuve d’une solidarité de classe exemplaire, qui nous rappelle que le prolétariat est une classe unique qui ne connaît pas de patrie.

Le 29 août, à l’appel national de la fédération Commerces et Services de la CGT, c’est cette fois une vingtaine de magasins qui ont suivi la grève dans tout le pays, paralysant totalement certains commerces. Le samedi d’après, le 05 septembre, rebelote avec un piquet cette fois au magasin de Launaguet, médiatisé dans la Dépêche et sur France 3 Région.

La lutte continue !

Sur chaque piquet jusqu’à maintenant, nous avons pu être témoin de la combativité et de la conscience de classe des travailleurs en lutte dans chaque magasin Action. Pour le moment, les victoires du mouvement concernent quelques améliorations sur les magasins où la lutte est la plus marquée mais la direction n’a pas cédé sur les revendications principales. La principale victoire c’est l’émergence de la lutte et le bond dans l’organisation. Maintenant, tout le monde est bien conscient que la situation ne s’arrête pas au magasin de la zone Chapitre, la lutte met en lumière une situation commune à l’ensemble des magasins de l’enseigne et au-delà ; elle met en lumière la question de la classe.

Les payes de misère en comparaison aux gigantesque profits des monopôles, les cadences infernales, les sous-effectif d’une part et le chômage de l’autre part, tout cela est vécu par l’ensemble du prolétariat. Il n’y a que par la révolution socialiste, la prise du pouvoir politique que les travailleurs pourront mettre fin à ces maux et organiser scientifiquement la société toute entière. Alors qu’est-ce que le syndicat dans tout cela ?

« Le Parti communiste est l’avant-garde du prolétariat, l’avant-garde qui a reconnu parfaitement les voies et moyens pour libérer le prolétariat du joug capitaliste et qui pour cette raison a accepté consciemment le programme communiste. Les syndicats sont une organisation plus massive du prolétariat, tendant de plus en plus à embrasser sans exception tous les ouvriers de chaque branche d’industrie et à faire entrer dans leurs rangs non seulement des communistes conscients, mais aussi des catégories intermédiaires et même tout à fait retardataires de travailleurs, qui apprennent seulement peu à peu, et par l’expérience de la vie, le communisme. […] Le devoir des communistes est d’expliquer à tous les prolétaires que le salut ne consiste pas à sortir des anciens syndicats pour en créer de nouveaux ou pour se disperser en une poussière d’hommes inorganisés, mais à révolutionner les syndicats, à en chasser l’esprit réformiste et la trahison des leaders opportunistes, pour en faire une arme active du prolétariat révolutionnaire. » (L’Internationale Communiste et l’Internationale Syndicale Rouge, Alexandre Lozovsky)

Le travail pour la reconstitution du Parti Communiste de France, ne peut pas être délié de la lutte des classes concrète et notamment de l’action des syndicats. La Cause du Peuple continuera de suivre avec attention et dans le feu de la lutte des classes, ce mouvement exemplaire.