La jeunesse prolétaire de France à la tête d’une journée de feu

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Ce jeudi 1er octobre, le mouvement lycéen est passée dans une nouvelle phase offensive contre le vieil État. Selon les estimations de la presse bourgeoise, tous les départements du pays sont touchés sans exception, tandis que ce que dans les plus grandes agglomérations, les blocus se sont transformés en révoltes urbaines spontanées. Dans le même temps, on comptabilise plus de 1 949 arrestations en lien avec le soulèvement. Une situation qui met l’État français dos au mur.

La jeunesse prolétaire a montré aujourd’hui qu’elle était prête pour le grand défi de notre époque, celui de la Révolution. Un vent insurrectionnel souffle sur la France. Partout, les lycéens combatifs, principalement ceux des lycées professionnels en banlieue des grandes agglomérations mobilisées, ont tenu tête avec vaillance aux tentatives d’intimidation de la police et sont parvenus à y riposter avec audace.

Dans de nombreuses villes, les lycéens ont mené de véritables révoltes qui ont duré plusieurs heures, paralysant les flux de communication des grandes villes et mettant en difficulté les « forces de l’ordre » dans de nombreux points stratégiques. On a vu partout cette belle jeunesse braver les gaz lacrymogènes, battre en retraite et contre-attaquer sans relâche pendant toute la journée malgré tous les efforts de la police. Partout, elle a résolument tenu la ligne, et n’a pas cédé aux menaces ou aux tentatives de récupération. Mieux encore, elle a joint ses forces en certains points de blocage stratégiques quand le blocus d’un lycée était impossible, rendant la mobilisation fluide et imprévisible pour la réaction. Dans le même temps, plus d’une trentaine d’universités sont désormais bloquées, et dans de nombreuses villes nous avons pu assister à une convergence entre les lycéens combatifs et les étudiants en lutte. Les grandes agglomérations étaient noyées sous la fumée de l’intensité des combats. Des occupations de périphérique aux manifestations sauvages, rien n’a pu arrêter la jeunesse prolétaire ce 1er octobre.

Cette riposte généralisée, après plusieurs jours d’exactions interrompues de la milice de la bourgeoisie contre des enfants, a tellement ébranlé le gouvernement réactionnaire que le Premier Ministre Lecornu a annoncé réunir une cellule de crise. Les premières estimations indiquent déjà que 83 policiers et gendarmes ont été blessés, contre 119 du côté des lycéens en lutte et membres du personnel enseignant. De son côté, la répression s’organise au plus haut niveau, le violeur Darmanin a annoncé également réunir les procureurs généraux dans une réunion de crise. Ce dernier souhaite une « réponse pénale ferme ». Tout un programme, qui ne veut pas dire autre chose que cette vérité élémentaire : la crise politique du gouvernement bourgeois est telle qu’elle n’a pas d’autre alternative stratégique pour le maintien de sa domination que la répression politique la plus brutale, même si celle-ci pèse de tout son poids contre la jeunesse combative du pays. Comme lors des Grands Soulèvements de Juin 2023 à la suite de l’exécution policière du jeune Nahel, la justice bourgeoise va rouvrir les abattoirs judiciaires pour la jeunesse prolétaire en révolte. L’État français est aux abois. Ce qui ne devait être qu’un mouvement passager des lycéens supposément facile à mater est désormais un mouvement national qui ne fait que de se durcir face aux attaques brutales de la répression. Pire, il s’intensifie et s’élargit alors que le mouvement du 17 octobre s’approche dangereusement et ne fait que gagner en motif d’excitation et d’espoirs pour les masses populaires de tout le pays. Ainsi, malgré le supposé « dégoût » des masses pour la violence selon nos éditorialistes, 62 % de la population considèrent le mouvement lycéen comme justifié selon un sondage du Figaro.

La mobilisation hors de toutes mesures des forces de l’ordre le jour suivant, ainsi que les mesures drastiques de fermeture de plus de 400 établissements, le déploiement de dispositifs de contrôle hors de prix indiquent une situation d’urgence qui sera intenable sur le temps long pour l’État, tant du point de vue économique que politique.

En conséquence, non seulement la justice, mais aussi les services de renseignement, s’efforcent de trouver un bouc émissaire pour expliquer la flambée de la jeunesse prolétaire. Pour citer un rapport des services du Premier Ministre cité dans le Figaro :

«  Selon eux, les origines du mouvement résident de toute évidence dans une instrumentalisation de structures syndicales étudiantes et de mouvements politiques proches de l’extrême gauche ». Et de poursuivre : « Le climat de tension sociale qui en découle marque une inflexion en cette rentrée sociale plutôt calme et peut correspondre à une stratégie d’embrasement de la part des structures syndicales et politiques parmi les plus radicales pour imposer leurs idées à l’approche d’échéances électorales nationales. »

« LFI et ses proxys de l’ultragauche » sont « à l’origine du mouvement » qui a basculé en « violences urbaines », croit pouvoir affirmer l’hôte de Matignon. »

En réalité, ce n’est pas La France Insoumise, ni aucun groupe opportuniste qui est à l’origine de cette montée en intensité de la lutte, mais bien la réalisation qu’aucun dialogue n’est possible face à un Etat qui n’hésite pas à tirer sur sa jeunesse à grands coups d’arme de guerre et prétend pouvoir donner les bons points des devoirs démocratiques après coup. Pour rappel, les gaz lacrymogènes sont toujours considérés comme des armes de guerre chimiques interdits même lors des guerres conventionnelles selon le droit bourgeois. Dans le même temps, notre rédaction a constaté la recrudescence d’usages de tirs de LBD sans sommation, qui ont provoqué de nombreux blessés graves dans les rangs de la jeunesse prolétaire révoltée.

Comment alors rester patients quand l’avenir est irrémédiablement bouché pour la majorité de la jeunesse prolétaire de France ? Comment rester calmes quand on sait que la majorité de cette jeunesse sera cantonnée toute sa vie à des travaux pénibles pour une paie de misère sous la coupe d’un petit chef aux atours de dictateur ? Comment rester dans une posture de dialogue quand la réponse est celle d’une arme pointée par un adulte surarmé persuadé d’avoir droit de vie et de mort sur tout ce qui ne porte pas un uniforme ? Et surtout, comment rester persuadé que le cadre démocratique bourgeois que l’on vante tant sur les plateaux télé et dans les bâtiments officiels dorés correspond aux attentes des masses quand cette même classe dominante les considère pire que des animaux ? Nous le voyons dans tous les établissements en lutte de France. Nous le voyons en Seine Saint-Denis, à Toulouse, Limoges, Bordeaux, Rennes et partout ailleurs : la jeunesse prolétaire ne mérite aucune pitié selon la bourgeoisie et elle lui fait savoir. Indubitablement, cette jeunesse l’a compris et le comprend davantage de jour en jour.

Répétons-nous : jamais les révolutionnaires n’ont disposé d’un tel horizon stratégique pour avancer la cause de la Révolution socialiste dans le pays. Empêtrée dans ses contradictions et désormais limité à la seule réponse de la répression, la bourgeoisie voit ses horizons stratégiques pour tempérer la « crise sociale » comme peau de chagrin, tandis que la classe s’éduque de jour en jour dans la lutte acharnée contre le vieil ordre existant. Mieux, cette seule réponse ne fait qu’augmenter la résolution et la combativité des masses, en témoignent les multiples émeutes partout en France dont la plupart débouchent de l’impossibilité de maintenir un blocus du fait de la présence policière démesurée.

La France est sur le point de connaître un embrasement général, qui, même s’il ne débouche pas à la chute du régime, changera durablement la dynamique de restructuration que s’était fixée l’impérialisme français. Tout cela est le marqueur de l’implication du renouveau du mouvement communiste, incarné par sa jeunesse la plus déterminée et la plus consciente des enjeux de l’époque. Sur toutes les lèvres on ne lit qu’une question : « On fait quoi demain ? ». Alors ne faiblissons pas, intensifions la lutte, grossissons les rangs de la jeunesse prolétaire en révolte. Cette jeunesse est prête et ne demande qu’une seule chose, qu’on l’organise !