Dans son numéro du 7 septembre, le journal Ang Bayan a partagé le témoignage croisé de trois jeunes femmes s’engageant auprès des organisations du mouvement révolutionnaire philippin. Nous publions ici une traduction non officielle de l’article, jugeant que ces jeunes parcours militants peuvent faire écho à celui de certains jeunes activistes en France.
Chaque jeune Philippin qui choisit de s’engager à plein temps dans l’activisme, que ce soit en tant qu’organisateur au sein des masses ouvrières ou en tant que combattant rouge de la Nouvelle Armée populaire (NPA), porte un coup à l’État réactionnaire. En choisissant consciemment la voie révolutionnaire, ils rejettent l’ordre pourri, érodent l’État réactionnaire et privent le système d’un élément conçu pour servir la société semi-coloniale et semi-féodale.
Lana, Sidlak et Helen, des jeunes issues de la petite bourgeoisie, se sont immergées dans la campagne et c’est là qu’elles ont pris la décision de devenir organisatrices et révolutionnaires à plein temps. « Depuis que je vis et que j’interagis en permanence avec des camarades dans la lutte, j’ai réalisé que je voulais m’y consacrer à plein temps », dit Lana, 23 ans.
Elle a expliqué que l’accueil désintéressé et chaleureux des masses dans une communauté isolée lui avait donné le courage et l’inspiration nécessaires pour s’y consacrer à plein temps. « Ils ont pleinement adhéré à l’objectif de construire une société libérée de l’exploitation », ajoute-t-elle avec admiration. « Je me sens en communion avec eux. »
Sidlak, 23 ans, occupe désormais un poste d’organisateur à temps plein. Il explique avoir décidé de s’engager à temps plein car il avait compris la nécessité de se consacrer pleinement à la mobilisation des étudiants, des jeunes et des paysans, notamment dans le cadre du mouvement de rectification mené par les forces révolutionnaires.
« J’apprécie ce travail et j’en suis satisfait malgré les difficultés ; cela m’a également aidé à surmonter les problèmes auxquels je suis confronté dans l’exercice continu de mes fonctions », confie-t-il. La séparation d’avec sa famille ne le dérangeait pas lorsqu’il vivait à la campagne, car il était entouré des masses qui le considéraient comme leur propre enfant.
Rejeter le monde petit-bourgeois et l’exploitation
Hélène, 25 ans, est militante à plein temps depuis deux ans. Avant de terminer ses études en communication, elle a approfondi sa compréhension de la tâche révolutionnaire, ce qui l’a préparée à s’engager à plein temps après l’obtention de son diplôme.
À l’université, elle a été victime d’exploitation lorsqu’elle a intégré un programme de stages en entreprise. On l’a contrainte à travailler sans rémunération et elle a été exposée à la culture décadente et consumériste qui régnait au sein de l’entreprise.
Cela a aidé Hélène à mieux comprendre la justesse de la cause révolutionnaire. Elle a ensuite participé à un programme d’immersion à la campagne, où elle a côtoyé et vécu avec des paysans. Dans ce contexte, elle a pu comparer la culture pourrie dominante et celle qui règne au sein du mouvement révolutionnaire.
« Les gens comme moi sont d’avantage utiles à la campagne pour organiser les paysans et les pauvres, plutôt que de me cantonner dans une entreprise qui ne se soucie pas de ses employés et ne leur témoigne aucune sympathie, motivée uniquement par sa soif de profit », a-t-elle confié.
Le message qu’elle a reçu d’un dirigeant paysan le jour de la remise des diplômes a encore renforcé sa décision. « À l’occasion de ta remise de diplôme, consacre encore davantage ton cœur, ton esprit et ton intelligence au service des paysans et du peuple philippin », disait le message adressé à Helen.
« À l’heure actuelle, je suis vraiment convaincue de vouloir me consacrer pleinement au militantisme. Cela fait maintenant deux ans que je m’y consacre à plein temps et je n’ai aucun regret », a-t-elle déclaré. Helen joue désormais le rôle d’organisatrice auprès des paysans d’une province.
Les trois jeunes femmes ont expliqué qu’elles se préparaient toutes actuellement à intégrer le programme d’initiation au sein d’une unité de la NPA. Elles se renforcent physiquement et mentalement pour surmonter les défis qui les attendent au sein de l’armée populaire. Elles sont accompagnées dans leur préparation par les cellules du Parti auxquelles elles appartiennent et par des camarades comme elles, qui continuent à se forger pour la révolution.
« L’année prochaine, je suis prête à me rendre sur le front de la guérilla pour me forger pleinement afin de servir entièrement la révolution », a déclaré Lana avec détermination.
Activités révolutionnaires récentes
Dans un deuxième article, le journal revient sur les activités révolutionnaires de ces derniers jours, que nous partageons ici.
Une unité de la Nouvelle Armée Populaire (NPA) des Visayas orientales a achevée, au cours du deuxième trimestre de l’année une formation intitulée « Cours de base politico-militaire ». Cette formation militaire a duré deux semaines. Les commandants et les combattants rouges, ainsi que les masses locales, y ont participé à ce cours avec enthousiasme. L’unité a dirigé cette formation alors même que l’armée menait des opérations de combat sur le front de la guérilla.
L’organisation de jeunesse révolutionnaire Kabataang Makabayan (Jeunesse patriotique) a organisé un rassemblement et une action éclair à l’université Diliman, à Quezon City (acienne capitale des Philippines), le 31 août, célébrant la Journée nationale des héros, afin de rendre hommage aux martyrs et aux héros du peuple philippin. Ils ont conclu le programme en brûlant le drapeau américain, symbolisant l’engagement de la jeunesse de poursuivre la révolution démocratique populaire contre l’impérialisme yankee, le féodalisme et le capitalisme bureaucratique.
L’association « Friends of the Filipino People in Struggle » (FFPS) a organisé son action annuelle le 26 août, afin d’exprimer son soutien au Front national démocratique des Philippines (NDFP) et au mouvement révolutionnaire philippin. Les sections locales du FFPS ont appelé à renforcer le soutien à la lutte du peuple philippin contre la guerre et le pillage de l’impérialisme US. Des actions et des activités ont eu lieu aux États-Unis, au Canada, en France, en Allemagne, en Irlande et en Australie.
