Éditorial n°85 : « L’Avenir nous appartient ! »

Le cessez-le-feu en Iran est une défaite historique de l’impérialisme états-unien et de ses laquais. La décadence de l’impérialisme s’approfondit chaque jour face à la révolte généralisée des peuples et des nations opprimées. La politique mise en place depuis la Révolution Islamiste de défense de la souveraineté nationale s’est révélée juste : elle a infligé à la superpuissance hégémonique US sa pire défaite depuis des décennies. Cette victoire immense vient réaffirmer ce que le Président Mao disait à la fin des années 1950 : les impérialistes sont des tigres de papier ! Une ligne militaire qui se base sur la mobilisation de masses ne peut que vaincre n’importe quel type d’agression, et cela, partout sur la terre. Tout cela ne peut nous remplir que d’un grand optimisme révolutionnaire face à la situation.

La séquence actuelle qui se déroule dans le Grand Moyen-Orient depuis le Déluge d’Al-Aqsa est le reflet d’un nouveau bond de l’Offensive Stratégique de la Révolution Prolétarienne Mondiale. Les conditions objectives et subjectives dans le monde sont mûres pour que se développe une nouvelle vague de révolutions prolétariennes, c’est la vérité de notre époque. La France n’échappe pas à cette vérité transcendante, l’entièreté de la situation nationale rend non seulement nécessaire, mais surtout possible, la Révolution socialiste. La réalité actuelle pousse toujours plus à affirmer que la révolte est juste, mais encore plus nécessaire afin de briser la chape de plomb réactionnaire qui écrase le pays.

L’été caniculaire nous rappelle que l’impérialisme en décomposition n’est que destruction de la biosphère, du vivant et de la nature, et que seule une politique radicale de transformation sociale peut assumer les immenses défis à venir. Le traitement des affaires Epstein, Bruel et Lyhanna vient avec effroi et dégoût nous rappeler que la pédophilie, le viol, le patriarcat, sont des problèmes sociaux séculaires et profondément ancrés dans toutes les structures de la société et de l’État. À ce mal social, seule une politique de révolution culturelle prolétarienne, assortie d’une justice populaire intransigeante, peut transformer les démons du vieux monde. La vieille classe bourgeoise et son vieil État réactionnaire pourri, corrompu, décadent, anti-ouvrier et anti-peuple, sont sur la défensive face au développement inéducable de la lutte des classes. Les tentatives d’expropriation de la rue par la bourgeoisie – rue qui fut durant des siècles l’apanage des classes populaires –, par l’interdiction de toute manifestation collective aussi banale que faire la fête, célébrer une victoire sportive, faire un barbecue, se baigner (en pleine canicule), démontrent seulement le niveau de peur que connaît la bourgeoisie. Elle est encerclée de toute part de masses populaires en ébullition ; la réponse ne peut être qu’un renforcement de la réactionnarisation. Les masses répondent spontanément à la privation des libertés collectives par tout type d’émotions, dont l’émeute. L’émotion collective, l’émeute, est le plus vieux des outils des classes populaires en réponse à l’oppression. Se révolter est juste face à l’oppression : tout soir de finale, toute victoire, tout événement, ne peut se transformer qu’en lutte contre l’expropriation de nos vies sociales.

Bien entendu cette politique du « grand enfermement » des classes populaires ne vise qu’à conjurer la lutte des classes qui accumule tous les jours un potentiel explosif historique. La classe ouvrière, sommée de produire pour réarmer le pays, d’accepter les restructurations, les baisses de salaires réelles ou déguisés, les injustices, la dictature du fascisme patronal, possède en elle la puissance concentrée de tout l’antagonisme entre le travail et le capital. Le prolétariat au cœur de la lutte des classes montre la direction et le mouvement de la révolution socialiste, c’est-à-dire la conquête
inéluctable du pouvoir. Lui seul a les capacités de grouper autour de lui toutes les forces subjectives de la révolution socialiste, afin que les innombrables formes de résistances individuelles et collectives se transforment en un impétueux torrent d’expropriation des expropriateurs. La clé de tout cela ne réside bien entendu pas dans le syndicat et encore moins dans les élections, mais bien dans la seule organisation qui peut unifier toutes les volontés de la classe, le Parti Communiste. C’est l’organisation collective la plus aboutie de l’histoire de l’humanité, car elle est guidée par le Marxisme de notre époque, conception prolétarienne du monde, toute-puissante car conforme à la vérité. Elle concentre toutes les connaissances humaines acquises dans la lutte pour la production, par l’expérimentation scientifique et surtout par la pratique de la lutte des classes tout au long du développement social historique. La reconstitution du Parti Communiste est le centre de toute politique révolutionnaire en France, car lui seul peut guider le prolétariat vers le pouvoir. Elle n’est pas le résultat d’une joute verbale, de débats universitaires, mais de la pratique révolutionnaire consciente dans la lutte des classes. C’est pour cela qu’au quotidien tous nos efforts, nos volontés et nos âmes tendent vers sa réalisation.

Nous insistons en permanence sur cette question car il est évident qu’une grande explosion populaire se dessine en France ; dont les Gilets Jaunes, le grand soulèvement de juin 2023, la bataille des retraites et tant d’autres événements, ne sont que l’expression d’une accumulation de problèmes non réglés. Les différentes émeutes, révoltes, grèves, mouvements, « incivilités » sont les prémisses du réveil du volcan. La situation des masses populaires se dégrade continuellement, la classe politique n’a jamais été autant coupée de la réalité quotidienne vécue par le plus grand nombre. Entre l’État, la
classe dominante et les larges masses, un gouffre s’agrandit chaque jour, un gouffre qui ne peut plus être comblé par des politiques opportunistes. Les contradictions en France entre la « nation prolétarienne » et la « nation bourgeoise » sont antagoniques ; il n’y a sur le long terme que la Révolution comme solution et sur le court terme la révolte pour vider nos âmes saturées et continuer la construction des instruments de notre émancipation. Construisons au plus près avec détermination, regardons loin avec l’optimisme de ceux qui savent que le futur est leur. À chaque moment la matière se divise et le Mouvement Communiste se renforce par son action dans la lutte des classes.