Bezannes : un patron tente de tuer des grévistes

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Ce mardi 1er septembre, le dépôt de l’entreprise de transports Dewitte à Bezannes a été le théâtre d’une nouvelle barbouzerie patronale. Alors que les travailleurs étaient engagés dans un mouvement de grève pour dénoncer la dégradation continue de leurs conditions de travail, notamment par l’intensification de méthodes de flicage et de menaces de la direction, le patron, deux grévistes présents sont percutés sur le piquet de grève par deux cars, dont un pilotés par le patron en personne Laurent Dewitte.

Cette tentative de meurtre s’inscrit dans le contexte d’un mouvement de grève unitaire, rassemblant les travailleurs des différentes entreprises détenues par Laurent Dewitte, les ambulances Clovis et les bus de Capitale Champagne. Les grévistes dénonçaient la pose de caméras dans les habitacles des véhicules de l’entreprise, et les tentatives d’intimidation de Laurent Dewitte.

Connu pour ses accès de colère et son autoritarisme, le patron a directement essayé de casser la grève en embauchant des remplaçants aux grévistes, ce qui est contraire au droit de grève. Pour empêcher la manœuvre, les grévistes se sont placés sur la sortie du dépôt pour faire respecter leurs droits. Voyant que la stratégie initiale ne fonctionnait, Dewitte a pris lui-même le volant. Sa réponse immédiate : la tentative de meurtre de sang froid, que de nombreuses vidéos ont pu capturer sur deux employés, l’un par le patron lui-même, l’autre sur un chauffeur employé comme casseur de grève en tentant de forcer le passage.

La réponse de l’État bourgeois a été sans surprises d’une complaisance christique : le patron a été placé en garde-à-vue mais libéré dans la soirée avec son sous-fifre, quand bien même tout concorde pour conclure à un acte délibéré d’un patron bien déterminé à terroriser ses employés, quitte à les supprimer purement et simplement. De ses propres mots devant l’un des deux grévistes renversés : « je pense que le prochain, avant de bloquer mon entreprise, je pense qu’il y réfléchira à deux fois ». Un aveu clair qui témoigne de l’impunité de classe dont ce genre de parasite bénéficie.

Cet évènement se place dans un contexte général d’attaques des droits élémentaires des travailleurs, qui se manifeste tant par des offensives juridiques que par la terreur organisée contre les ouvriers en lutte. On pense notamment aux barbouzeries de Verbaudet en 2023, où des leaders syndicaux avaient été séquestrés et passés à tabac, l’affaire des tueurs à gages commandités par une cheffe d’entreprise contre un syndicaliste trop remuant, plus largement les nombreuses attaques judiciaires répétées contre un large nombre de dirigeants locaux sur divers motifs fallacieux, intensifiées par la lame de fond de la répression du mouvement pro-palestinien à l’instar de Timothée Esprit ou Jean-Paul Delescaut.

Les patrons voyous et les laquais à leur service au sein de l’appareil d’État nous font passer un message très clair : ce sera eux ou nous, et ils n’hésiteront pas utiliser tous les moyens possibles pour nous faire plier, y compris les plus barbares. Face à cette offensive généralisée contre les masses travailleuses de France, nous devons plus que jamais renforcer notre camp de classe, autonome des impératifs politiques de la bourgeoisie, et en comptant sur nous-mêmes pour faire triompher nos luttes. Les patrons voyous n’ont pas peur de la justice bourgeoise, ce n’est pas contre eux qu’elle a été construite et formalisée, et sa radicalisation politique suivant le processus de restructuration actuelle de l’impérialisme français la radicalise pour nous mettre au pas.

Nos victoire et notre défense ne sera pas dans les instances officielles où règne l’impunité de classe, mais bien dans la force que possède notre classe quand elle est unie autour de son propre programme : l’expropriation des exploiteurs qui ne pourra se réaliser que par le renforcement de nos outils de lutte, de notre combativité et par la reconstitution du Parti Communiste.