Baisse du carburant, première victoire de la révolte lycéenne !

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La révolte de la jeunesse a permis d’engranger une première victoire pour tout le peuple : l’annonce de la baisse passagère du prix de l’essence, de 12 à 18 centimes le litre. Cette victoire, même si elle n’est pas encore mise en pratique, est politique, parce que la bourgeoisie est déjà contrainte à considérer ses options pour éviter le désastre à venir. Nous devons insister sur le fait que c’est bien la forme de cette révolte, sa radicalité, qui a permis cette première conquête, liée à l’anticipation du 17 octobre.

Rappelons que ce fut la même l’anticipation avec le 10 septembre qui fit chuter le gouvernement Bayrou. Les différents gouvernements, tout comme les services de sécurité de l’État, savent que la situation est profondément instable, ils le savent beaucoup mieux que les masses populaires qui se voient inférieures à ce qu’elles sont. Le risque d’un embrasement généralisé faisant la jonction de tous les secteurs mécontents du pays est une épée de Damoclès pour ce régime profondément affaibli. Le régime dépasse largement la question du gouvernement, c’est toute la vieille République qui se meurt sous nos yeux. La propagande contre « la violence » déversée par le monopole médiatique est le reflet de son efficacité pour porter l’antagonisme à un niveau politique. Aucune manifestation pacifique, pétition, action de député, ne peut arriver à conquérir une parcelle de ce qu’a conquis en deux jours d’émeutes la jeunesse prolétarienne. Il est évident que nous assistons au quotidien à un spectacle de marionnettistes où les faux dirigeants du pays répondent à de fausses oppositions pour nous faire avaler leurs réformes anti-peuple, où un Gouvernement totalement illégitime joue une pièce de théâtre dans un Parlement qui ne sert plus à rien.

C’est bien deux jours d’émeutes spontanées, avec la rage au corps, et la peur que cela devienne incontrôlable qui aura fait reculer l’arrogant Lecornu, premier ministre de droit divin d’une République en mort clinique. C’est cela que nous devons maintenant retenir et approfondir.

Il est donc évident que nous pouvons avoir beaucoup plus avec un peu de détermination. Le régime est en crise, au fond du gouffre, la colère est profonde et sourde, sa légitimité vient uniquement de son rôle de gestionnaire du vieil État et de sa police. La bête est malade, certes elle est agressive, mais avant tout malade, la possibilité de faire échouer leur plan de stabilisation avec les élections présidentielles n’est pas une utopie mais une possibilité. C’est la tâche de tous ceux qui s’inquiètent de la montée du fascisme.

De cette profonde réalité qui confirme le Marxisme, la classe ouvrière devrait s’en emparer pour faire éclater le cadre du syndicalisme de collusion et déstabiliser le cœur du système capitaliste. Une classe ouvrière radicale, c’est toutes les classes populaires qui emboîtent le pas, c’est elle qui ouvre l’infini des possibles. Seule la classe ouvrière politiquement organisée et usant de la violence révolutionnaire peut reconquérir la direction du syndicat et en faire un outil pour la Révolution Socialiste.

Cessons de penser que tout cela est impossible, les masses font l’Histoire et la période est excellente pour construire la rupture révolutionnaire à travers la lutte des classes. Il n’y a pas besoin d’immenses contingents pour bâtir la rupture seule la volonté d’incarner la ligne prolétarienne compte aujourd’hui. Il n’y a pas non plus que la grève comme unique mode d’action de la classe ouvrière pour imposer le rapport de force, l’histoire du Mouvement Communiste le prouve.

Développons la révolte, préparons nous au boycott actif qui reflétera la rupture du socialisme de l’impérialisme et montrera l’unique voie pour l’émancipation. Il n’y a pas trois voies mais une seule : la rupture totale avec le vieil État et la vieille société. Amplifions la mobilisation, brisons le cadre, vomissons le consensus, faisons échouer les plans de stabilisation et la politique de restructuration/ réactionnarisation de la grande bourgeoisie !