Grève victorieuse au CPOA de Sainte-Anne

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Du 26 mai au 5 juin, les urgences psychiatriques du CPOA (Centre Psychiatrique d’Orientation et d’Accueil) dans le 14ème arrondissement de Paris se sont mises en grève contre le traitement indigne des patients.

Les salariés, chargés d’accueillir les patients et de les orienter vers des structures adaptées, dénoncent des conditions d’accueil catastrophiques. En effet, aussi bien les centres de consultation que les hôpitaux psychiatriques du Groupe Hospitalo-universitaire Paris Psychiatrie Neuroscience, pourtant plus grand groupe européen de psychiatrie d’Europe, ont des délais d’attente beaucoup trop longs, pouvant culminer à un an et demi pour les centres de consultation. En attendant, les patients ayant besoin d’être redirigés vers des structures adaptées sont contraints de rester sur place et donc d’y dormir dans l’attente de disponibilité des services. Ainsi, au début de la grève, l’unité du CPOA n’avait que 7 lits pour 18 patients. De février à mai, le service faisait face à un taux d’occupation des lits à hauteur de 136 %, les patients devant dormir sur des matelas posés à même le sol, dans des chauffeuses ou dans des bureaux utilisés d’habitude par le personnel. Certains patients restent parfois 5 à 6 jours à attendre dans ces conditions dégradées.

Décidée à la suite de plusieurs Assemblées Générales, la grève a duré près de 10 jours, et a permis d’arracher un accord de fin de conflit avec la direction. Ainsi, 4 postes d’infirmiers et 2 postes d’aide-soignants devraient être créés cette année, et une politique dite de « zéro lit vide » doit être appliquée, permettant à n’importe quel patient en attente de dormir dans un vrai lit, qu’importe dans quel service ce lit est disponible.

Pour les grévistes du CPOA, c’est une première victoire dans un service où beaucoup n’avaient encore jamais fait grève, qui a permis un cadre de lutte, de débats et de politisation, une émulsion politique cruciale dans un contexte de destruction accélérée de l’hôpital public au service des plans de restructuration de l’impérialisme français.