Vague de répression historique à Ankara en amont du 36ème sommet de l’OTAN

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Le matin du mardi 23 juin, plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtés lors de raids policiers menés à Ankara, capitale de l’État turc. Ces arrestations visaient en particulier des militants démocrates et révolutionnaires dans ce qui semble être un coup de filet piloté par l’OTAN, en amont de l’organisation de son 36ème sommet, prévu les 7 et 8 juillet 2026 à Ankara. Au total, c’est plus de 200 domiciles qui auraient été perquisitionnés, avec plus de 240 mandats d’arrêts délivrés.

Le média Yeni Demokrasi, qui a couvert la vague de répression, rapport de nombreuses scènes de violences lors de cette opération, comme dans ce témoignage de faits de tortures et de menaces lors d’une arrestation : « Durant la perquisition, les policiers ont agressé physiquement la famille, l’ont insultée et ont proféré des menaces. Sevcan Akdoğan a été placé en garde à vue lors de cette opération.[…] Après avoir emmené Akdoğan dans le couloir, les policiers lui ont tordu le bras dans le dos et lui ont cogné la tête contre le mur à plusieurs reprises. Akdoğan a déclaré avoir été maintenu ainsi, le bras tordu, pendant plus d’une demi-heure, et que sa famille avait également subi des pressions durant l’incident. […] Akdoğan a été conduit du couloir à une autre pièce où il a de nouveau été torturé. Il a déclaré que l’officier de la brigade politique, qui se trouvait auparavant dans le salon, l’avait insulté une fois de plus dans cette pièce. L’officier l’a menacé en disant : « Tu connais la lutte antiterroriste ? On va te faire une démonstration », avant de le torturer. Il lui a donné des coups de pied dans la rotule, l’a giflé et lui a cogné la tête contre le mur à plusieurs reprises. Akdoğan a affirmé avoir été la cible d’insultes et de malédictions tout au long de l’opération. » »

Assistant à plusieurs aspects de l’opération et tentant de s’interposer, des avocats ont également été pris pour cibles et victimes de violences policières, alors que leurs clients incarcérés ont interdiction de les rencontrer pendant 24h. L’Association des avocats progressistes ÇHD a ainsi déclaré que malgré les plaintes déposées contre la police, aucune mesure n’a été prise et qu’un responsable du barreau d’Ankara venu préparer un rapport n’a pas été autorisé à entrer dans le palais de justice. « Nos confrères sont dans l’impossibilité d’exercer leur profession dans ces conditions. La police d’Ankara commet un délit en agressant séparément les détenus et leur avocat, et en interrompant le processus de déposition. », s’émeuvent-ils.

Toujours selon le média Yeni Demokrasi, parmi les centaines d’interpellations se trouveraient 40 volontaires de l’ONG TENA, travaillant sur la lutte contre l’érosion des sols et pour le reboisement. Ceux-ci ont été arrêtés et placés 24h en garde vue après avoir discuté avec un groupe d’ouvriers mineurs sur le chemin du retours d’une sortie pique-nique organisée au sanctuaire ornithologique de Nallıhan, au nord-ouest d’Ankara. Les personnes incarcérées ont été questionnées sur l’acronyme TKP/ML (Parti Communiste de Turquie / Marxiste-Léniniste) et sur leurs connaissances concernant cette organisation, qui défend la poursuite la lutte armée dans différentes régions du pays.

En solidarité internationaliste avec la répression des militants de Turquie, un rassemblement était organisé ce jeudi soir à Paris, réunissant une centaine de personnes à Strasbourg Saint Denis. La France est l’un des États centraux dans le dispositif de l’OTAN, qui pilote et coordonne ces opérations pour assurer au mieux le déploiement militaire des impérialistes occidentaux dans cette zone d’influence clé. Pour ça, cette guerre menée aux peuples de Turquie est aussi notre guerre. Pour ça, le renforcement de la solidarité internationaliste est la plus puissante réponse aux agressions de l’impérialisme, jusqu’au cœur de ses métropoles.