Depuis plus de 6 mois , les habitants de la Meinau ont commencé à se mobiliser autour d’une problématique commune : les abus du bailleur social Ophéa.
Suite à une première pétition pour dénoncer l’activation tardive du chauffage, des habitants et activistes de la Jeunesse Communiste se sont rapidement organisés en créant un CPES (Comité Populaire d’Entraide et de Solidarité) pour dénoncer un autre problème majeur : les moisissures et l’insalubrité de nombreux logements. On rappelle que ces moisissures sont très dangereuses pour la santé, particulièrement celle des personnes en bas âge, malades, ou âgées. Cette insalubrité (moisissures, rats, ordures), constitue le quotidien des habitants de la Meinau, quartier (QPV) largement délaissé par les pouvoirs publics.



C’est en mars, lorsqu’une habitante a communiqué au CPES qu’un de ses enfants souffrait de graves troubles visuels à cause des moisissures, qu’un rassemblement a eu lieu devant l’agence Ophéa du quartier. Grâce à la présence d’une vingtaine de personnes, le bailleur-arnaqueur a reçu la jeune mère. Ce rassemblement a mené à une première victoire du CPES de la Meinau, car elle a été relogée !
Mais le comité n’en est pas resté là. Les membres du CPES ont organisé deux barbecues solidaires, dont un à l’occasion du 1er mai, fête des travailleurs, afin de relancer l’entraide et la solidarité dans le quartier et d’attirer de nouveaux membres pour continuer à s’organiser, à lutter et à vaincre! Un nouveau rassemblement a été organisé devant l’antenne du quartier du bailleur. Cette fois-ci le CPES a décidé de l’envahissement de l’agence. Face aux slogans tels que “Bailleurs, voleurs arnaqueurs” et “Un logement digne pour nos enfants”, le directeur de l’agence locale a octroyé aux habitants un RDV au siège du bailleur-voleur.

Six membres du CPES ont été élus par une assemblée et les revendications ont été votées: un dédommagement pour tous les habitants des logements avec des moisissures. Les habitants leur ont donné 1 semaine de délai maximum pour répondre. A l’extérieur un rassemblement avait lieu afin de soutenir la délégation. Dans la volonté de battre le fer tant qu’il est chaud, les habitants se sont réunis le soir même afin de décider de la suite !
Résultat : le bailleur social n’a jamais répondu à la revendication du dédommagement pour les habitants souffrant de moisissures. Toutefois, 3 habitants ont été reçus pour des entretiens individuels concernant leur situation. Encore une fois, sans résultats ou améliorations de leurs conditions de vie.

Sans résignation, et sachant qu’ils ne peuvent compter que sur leurs propres forces, les habitants continuent leur lutte contre le mal-logement mais cette fois-ci à l’échelon supérieur : l’Eurométropole de Strasbourg (EMS) ! En effet, c’est l’Eurométropole qui délègue au bailleur la gestion des logements et le subventionne. Une action durant le conseil du 26 juin s’imposait : se faire entendre à tout prix! Les membres du CPES se sont rassemblés devant l’EMS et ont ensuite décidé d’entrer pour assister au conseil. Au moment de la mention du point concernant le logement durant l’ordre du jour, ils décident de dérouler une banderole avec la mention “Ophéa et l’EMS laissent les habitants dans la galère !“ et l’une des membres du CPES prend la parole pour interpeller Catherine Trautmann (maire de Strasbourg et présidente de l’eurométropole). Alors que la maire souhaitait ignorer les membres du CPES en interrompant la séance, des membres de son cabinet n’ont pas eu d’autre choix que de recevoir des membres du comité pour écouter ce qu’ils avaient à dire. En attente de la suite, le CPES continue ses actions et a déjà prévu d’autres actions de solidarité durant l’été.
