Les maires bourgeois et réactionnaires de Toulouse et Clermont-Ferrand ont mis en place un couvre-feu pour les mineurs durant la Coupe du Monde. Si la forme concrète de ces couvre-feux vont différer selon les villes, le fond restera le même : réprimer la jeunesse prolétaire qui célèbre à sa façon le football.
Cette mesure a été prise en justification des « récents débordements » lors de la Finale de la Ligue des Champions, et prépare, selon ceux qui l’ont instaurée, le terrain à la loi RIPOST1 et à la reconnaissance faciale sur les caméras. La bourgeoisie n’aime pas la joie prolétaire, ses feux d’artifice et son aise sur la voirie, et se prépare à mettre les bouchées doubles pour la rendre physiquement impossible.
Cette mesure cible de façon évidente les jeunes des quartiers populaires souhaitant se rendre en centre-ville pour célébrer et s’amuser. Que ce soit dans la capitale auvergnate ou dans la ville rose, les périmètres des centres-villes sont interdit pour les mineurs. C’est une nouvelle injustice institutionnelle qui s’abat sur la jeunesse prolétaire, en plus des meurtres policiers, contrôles abusifs, l’école bourgeoise, etc. Une tendance qui tend à se renforcer au fur et à mesure des années, et qui s’étend à l’ensemble des champs de la vie qui s’éloignent du statut de bêtes parquées loin des centres-villes que tentent d’imposer la bourgeoisie française à notre jeunesse. Les récents battages médiatiques suivant les « baignades sauvages » de jeunes et leur répression par la police au cours de la canicule n’en sont qu’une manifestation supplémentaire.
Mais il n’est sans douter que cette jeunesse ne se laissera pas faire, l’interdiction n’a jamais empêché la révolte, que ce soit pendant les soulèvements pour Nahel, les victoires du PSG ou les manifestations pour la Palestine.
La bourgeoisie a rendu le football encore plus politique qu’il ne l’était, en réprimant les célébrations populaires et les groupes ultras, en baissant les subventions aux clubs les plus petits, tandis qu’à l’inverse les grands clubs sont rachetés par des milliardaires qui les vident de leur essence populaire. L’organisation des compétitions est de plus en plus anti-populaire comme la Coupe du Monde 2022, qui a tué des centaines de travailleurs sud-asiatiques, ou celle de cette année, qui par ailleurs fait l’objet d’une campagne de boycott au Mexique, comme celle de 2014 ou de 2010 ont justifié la destruction de quartiers populaires entiers et renforcé le contrôle de la population.
N’oublions pas qu’à la base, le football est un sport du prolétariat, qui a dû se battre pour que ses joueurs, footballeurs et surtout ouvriers, soient rémunérés lors des matchs que la bourgeoisie a fini par apprécier regarder.
Le football, le sport est un outil d’unité populaire et prolétarienne, dont les CPES se servent par exemple pour faire la promotion des luttes anti-impérialistes. Ses célébrations rassemblent des masses de tous les horizons, de toutes les religions, et même de tous les âges (vous n’êtes peut-être pas étrangers à l’histoire de Mamie Mireille devenue l’égérie des jeunes parisiens lors des célébrations de la victoire du PSG).
Alors non, nous ne laisserons pas les jeunes de notre classe enfermés chez eux, sur le côté, juste parce qu’au fond la bourgeoisie les détestent eux et ce qu’ils représentent : la révolte contre le vieux monde capitaliste et le renversement de l’ordre bourgeois. S’ils veulent défier l’injustice, nous la défierons ensemble.
1 Loi de répression généralisée des évènements politiques et festifs
