Des poumons de la planète en Amazonie aux forêts indiennes, les « Agroholdings » industriels défrichent les forêts à grande vitesse. Plus de 400 millions d’hectares de forêts, soit un dixième des surfaces forestières de la planète, ont été rasés depuis 1961. Il s’agit là d’un des plus grands crimes du capitalisme contre l’humanité.
Aujourd’hui, la déforestation est menée à la poursuite des profits, et ce qu’importent les intérêts généraux mondiaux ou ceux des populations, qui subissent les politiques de déplacement forcé. Les monopoles volent les terres ancestrales des indigènes, les soumettent à l’exploitation violente et déracinent leurs cultures. Alors même que la science nous permet maintenant de cultiver la terre de manière plus efficace, d’augmenter les rendements par hectare sans aucun problème pour nourrir la planète, ces criminels industriels préfèrent la voie des désastres humains et écologiques pour leurs bénéfices. Ils mènent la guerre aux masses avec leur projets individualistes et corrompus, payent des milices pour tuer des paysans, leur extorquer des terres. Naturellement, les masses répondent à la violence armée par la lutte armée, par les guerres populaires dirigées par les Partis Communistes.

En Inde, où le gouvernement fasciste des castes dirigeantes brahmaniques a plongé le pays dans les plus hauts niveaux de pollution au monde, où les travailleurs subissent une exploitation colossale, et où les près de 84 millions d’indigènes Adivasis sont considérés comme des êtres inférieurs à l’homme, les entreprises minières tentent de déplacer ces populations pour extraire toujours plus.
La question de la terre en Inde
Les maoïstes en Inde organisent depuis 1967 la guerre populaire et sont en première ligne contre les politiques de déforestation et de vol des terres des indigènes. Depuis ces temps, les maoïstes de la région de l’Andhra Pradesh se battent armes à la main contre les propriétaires terriens au Chhattisgarh sur la question des droits à la terre et des déplacements. Le professeur Nandini Sundar, auteur du livre La forêt en feu : La guerre de l’Inde au Bastar, explique que « [les maoïstes] aident les indigènes à protéger la forêt et redistribuer les terres. Depuis plus de 10 ans, l’État fasciste mène une guerre ouverte intense aux populations révolutionnaires organisées sous la direction du Parti Communiste d’Inde (Maoïste). Ainsi beaucoup de personnes les ont rejoints. »
Rien que dans la région forestière du Bastar, l’État a mobilisé plus de 36 000 agents de répression, soit environ 1 agent pour 55 personnes. C’est 3 à 4 fois supérieur à la mobilisation américaine en Afghanistan dans les années 2010. Dans ces régions de l’Inde, le vieil État a mobilisé des milices criminelles qui ont commis des crimes odieux, des viols, de la torture, des assassinats contre les personnes accusées d’être révolutionnaires. L’État lui-même a reconnu que dans le Bastar, la forêt aurait été détruite depuis longtemps si les maoïstes n’avaient pas organisé la lutte.
En cela, la question environnementale est un terrain de lutte comme partie intégrante des luttes paysannes, principaux moteurs des révolutions démocratiques dans les pays dominés par l’ordre impérialiste.
Le Secrétaire Général du PCI(Maoïste) et ancien commandant de l’armée populaire de guérilla (la PLGA) en Inde, le camarade Basavaraj1, développait cette question dans un entretien publié en 2022 :
« L’impérialisme a créé sept crises intenses qui ont dévasté les nationalités opprimées et les peuples vivant sur la planète Terre. Il s’agit de la crise économique, la crise de l’emploi, la crise environnementale et écologique, la crise des migrations forcées, la crise énergétique, la crise socioculturelle et la crise politico-militaire. »
« Notre parti s’engage à préserver la biodiversité et l’environnement, notamment les forêts et toutes sortes d’espèces végétales. La PLGA, les organisations de masse et les CPR [Comités Populaires Révolutionnaires] travaillent ensemble avec la population sous la direction de notre parti à cette fin. Ils sensibilisent la population. Le département de protection des forêts de nos gouvernements populaires se concentre tout particulièrement sur cet aspect. Nous nous opposons à tout projet public ou privé qui déplace la population et nuit à l’environnement et à la biodiversité. Nous appelons les écologistes, les biologistes, les scientifiques, les démocrates, les organisations de défense des droits civiques, les organisations sociales et les organisations sociales tribales à venir travailler avec nous dans ce domaine. Nous pensons qu’il est nécessaire de créer des mouvements forts dans tout le pays pour la protection de l’environnement et de la biodiversité et de mener des luttes afin d’obtenir la satisfaction de diverses revendications. D’autre part, nous souhaitons dire que la nouvelle Inde démocratique qui sera établie par la réalisation de la nouvelle révolution démocratique dans le cadre de la guerre populaire prolongée garantira la protection des forêts, de l’environnement et de la biodiversité. »
Une lutte internationale
Au Brésil également, les communistes organisent des luttes similaires avec les comités populaires des paysans et indigènes dans la région du Rondonia, où la déforestation avance à grand pas. De même, les assassinats de paysans par des milices à la botte de l’État et de la bourgeoisie agro-industrielle se multiplient. Mais les conflits liés à la terre s’y intensifient de façon exponentielle, tout comme les réponses par la lutte armée des masses paysannes. Ici aussi, les paysans pauvres ont appris que la seule perspective réelle contre la déforestation et la misère imposée par les compradores2 et les impérialistes, c’est la lutte pour le pouvoir, la lutte pour la nouvelle démocratie.
Ces histoires font écho avec nos propres expériences dans notre pays (que ce soit la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, les récentes mobilisations contre les mégabassines, contre la loi Duplomb…). Cela nous apprend une chose fondamentale : la seule solution à la crise écologique et à l’exploitation réside dans l’organisation active des masses, des classes opprimées dans la lutte révolutionnaire pour le renversement du pouvoir bourgeois pour construire le monde nouveau, le monde communiste.
1 Nambala Keshava Rao naît en 1955 dans l’État de l’Andhra Pradesh, au sud de l’Inde. Fils d’enseignant, il a la chance d’accéder aux études où il devient un grand leader étudiant, rejoignant le mouvement maoïste indien pour mettre sa vie au service des masses. Organisateur hors pair, Nambala devient le « Camarade Basavaraj » dans son expérience de la Guerre Populaire, qui se développe en Inde depuis le lancement de l’insurrection à Naxalbari en 1967. Formé à la tactique de la guérilla, il en devient en quelques années l’un des dirigeants clé, intégrant le Comité Central du Parti Communiste d’Inde (marxiste-léniniste), qui lance la guerre populaire en 1992. 12 ans plus tard, devenu l’un des principaux stratèges du mouvement révolutionnaire, il est l’un des dirigeants fondateurs du Parti Communiste d’Inde (maoïste) et devient chef de la Commission militaire centrale et de l’Armée de guérilla (PLGA). En 2018, il est élu Secrétaire Général du Parti, dirigeant la guerre populaire contre l’opération génocidaire Green Hunt. Le 21 mai 2025, il est tué au combat avec 27 de ses camarades dans une opération d’encerclement de l’armée indienne, dans l’État du Chhattisgarh.
2 Dans un pays dominé, c’est la classe bourgeoise au service des impérialistes étrangers.
