Témoignage d’Inde : « Les reculs, la survie et le long parcours de la révolution »

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Nous publions ici la traduction non-officielle d’un article paru dans The Red Herald le 28 mai dernier. Il s’agit d’une contribution reçue par mail, dont l’auteur est un étudiant progressiste de New Dehli. Son article s’intitule « Au-delà de la déclaration d’Amit Shah : reculs, survie et le long parcours de la révolution ».

À quoi ressemble la guerre populaire en Inde un mois après que l’État indien a déclaré la fin du maoïsme dans le pays, le 31 mars 2026 :

Le 1er mai 2026, des graffitis révolutionnaires ont été repérés à différents endroits de Delhi (capitale de l’Inde). Cela s’est produit un mois après que l’État indien a déclaré le 31 mars « Naxal Mukt Bharat : la fin du maoïsme en Inde ». Dans son discours devant la Lok Sabha (chambre basse du parlement bicaméral indien) le 30 mars, le ministre de l’Intérieur de l’Union, Amit Shah, a salué l’opération Kagaar : l’intensification de la guerre génocidaire menée de longue date par l’État indien contre son propre peuple afin d’écraser ses luttes et de défricher les forêts riches en ressources pour que ses maîtres impérialistes puissent les piller. Cette opération, qualifiée de « solution finale au problème maoïste », a débuté le 1er janvier 2024 avec le meurtre de Mangli, un bébé de six mois, à Bastar, dans l’État du Chhattisgarh. Depuis lors, plus de cent mille membres des forces paramilitaires, ainsi qu’un nombre encore plus important de policiers, de membres des Forces de sécurité frontalières et des Gardes de réserve de district, de la CoBRA et d’autres unités spéciales de contre-insurrection, ont été déployés dans la région. Au cours des seize derniers mois de cette opération, les détentions illégales d’Adivasis1, les bombardements au mortier et aériens, les violences sexuelles et les affrontements sanglants ont coûté la vie à près d’un millier de personnes. Des contrats sanglants, sous la forme de protocoles d’accords, ont été signés avec des entreprises telles que Mittals, Jindals, Tata, Essar, Posco, Vedanta et bien d’autres pour construire des mines et des routes sur les cadavres des Adivasis. Ce pillage effréné des ressources et cette chasse aux sorcières, visant non seulement les révolutionnaires maoïstes, mais aussi toutes les formes de dissidence qui font obstacle aux sociétés minières et à leurs ambitions parasitaires : voilà ce dont l’État indien et Amit Shah se sont vantés au nom de la « croissance économique et du développement », affirmant avoir mis fin au « naxalisme de la plume et des armes » le 31 mars. Selon les données gouvernementales, environ trois mille maoïstes, dont certains dirigeants importants, se sont rendus au cours de l’année écoulée, tandis que bon nombre de ceux qui ont refusé de déposer les armes ont été tués de sang-froid. Certains intellectuels affirment également que le maoïsme n’a pas pris fin, mais qu’il a changé de forme : passant d’un parti clandestin menant une guerre populaire prolongée à un parti légal. Mais dans quelle mesure cela est-il vrai ? Est-il même possible pour le maoïsme de « changer de forme » et de devenir ouvert ? À quoi ressemble la lutte des classes en Inde un mois après que l’État indien a déclaré le pays libéré de « la menace maoïste » ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles nous tenterons de répondre dans cet article.

Marxisme contre révisionnisme : un bref aperçu

Le Marxisme est la science des lois qui régissent le développement de la nature et de la société. C’est la science de la libération du prolétariat, qui ouvrira la voie à la libération totale de l’humanité. Et comme l’a déclaré Marx dans le Manifeste du Parti communiste, cela n’est pas possible sans « le renversement violent de tout l’ordre social passé ». Seule une lutte armée organisée du peuple peut renverser l’État hautement organisé au service de la bourgeoisie. Lénine a renforcé cette idée dans L’État et la révolution, soulignant que « Sans révolution violente, il est impossible de substituer l’État prolétarien à l’État bourgeois. » Mao a poussé cette réflexion plus loin en affirmant que « le pouvoir politique est au bout du fusil », insistant sur le fait que la révolution est indissociable de la lutte armée.

La révolution est un acte de violence et, par conséquent, il n’y a pas de Marxisme, et encore moins de maoïsme, sans lutte armée. Alors pourquoi certains maoïstes capitulards parlent-ils d’un changement dans leur forme de lutte, passant d’une lutte principalement illégale à une lutte entièrement légale, tout en continuant à prétendre adhérer à la ligne révolutionnaire du Marxisme-Léninisme-Maoïsme ?

Depuis que le Marxisme existe, il a été en lutte contre le socialisme utopique d’abord, puis contre le révisionnisme. Les révisionnistes sont des sympathisants petits-bourgeois de la révolution qui ont rejoint le camp de la classe dominante. Ils reconnaissent l’exploitation inhérente à la société de classes, mais refusent de s’aligner sur la révolution prolétarienne qui exigerait des sacrifices et les obligerait à renoncer à leurs intérêts de classe. Ainsi, tout en se proclamant marxistes (car le Marxisme s’est révélé être la seule véritable science pour la libération de l’humanité), ils ferment les yeux sur le fait que les contradictions antagonistes ne peuvent être résolues que par la guerre, et se tournent vers le réformisme et la collaboration de classe. Beaucoup de petits-bourgeois se tournent vers ce camp, en particulier en période de recul du mouvement révolutionnaire, en raison de la nature vacillante de cette classe. À mesure que les combattants grandissent idéologiquement, politiquement et organisationnellement sous la bannière rouge du Marxisme, les classes dirigeantes tremblent de peur en voyant approcher leur défaite historique. Dans de tels moments, les révisionnistes déforment le Marxisme et le détournent de son essence. C’est ainsi que les révisionnistes aident, et finissent par tomber dans le camp de la classe dirigeante. La lutte contre le révisionnisme est donc la lutte des masses exploitées et opprimées contre les classes dirigeantes. C’est pourquoi Marx a mené une lutte acharnée contre Lassalle, Bakounine et les blanquistes, et pourquoi Lénine a réfuté Bernstein et désigné les mencheviks, partisans d’un parti ouvert, comme la plus grande menace interne pour le mouvement. Lénine a fait valoir dans cette lutte que l’insistance sur la transition vers le socialisme par des moyens parlementaires pacifiques n’était rien d’autre qu’une trahison du prolétariat. Mao a poussé cette réflexion plus loin dans sa lutte contre le révisionnisme de Khrouchtchev et de Lin Biao. Le soulèvement de Naxalbari en Inde, mené par le camarade Charu Mazumdar, était une lutte non seulement contre les propriétaires fonciers et l’État indien, mais aussi contre l’opportunisme du CPI et du CPI(M). Ainsi, l’histoire du Marxisme a toujours été l’histoire de la lutte contre le révisionnisme.

Crise au sein du mouvement révolutionnaire indien et lutte du CPI (maoïste) contre la ligne capitulationniste révisionniste

Aujourd’hui encore, l’opportunisme, le liquidationnisme et le révisionnisme continuent de ronger le mouvement communiste indien, et c’est précisément là la menace interne à laquelle il est confronté : une menace plus grave que l’attaque militaire de l’ennemi dans le cadre de l’opération Kagaar ou de toute autre opération de ce type. L’histoire nous enseigne qu’il existe deux lignes politiques parallèles qui s’opposent l’une à l’autre pour le pouvoir politique. Une ligne a été définie par les révolutionnaires communistes tels que Marx, Lénine, Staline, Mao, Charu Mazumdar, Kanhai Chatterjee, Basavaraj, Raju Da, Kosa Da, Renuka, Kishan Da, Hidma, etc., tandis que l’autre ligne est définie par des traîtres tels que Bernstein, Kautsky, Lin Biao, Prachanda, Sonu, Satish, Devji, Venugpal, Kobad Ghandy, Balraj, Prashant Rahi, etc. Les partisans de cette seconde ligne sont des agents ennemis opportunistes qui s’attaquent à la ligne politique prolétarienne afin de l’affaiblir, puis de l’anéantir. La ligne politique correcte ne peut émerger que par la lutte contre les éléments révisionnistes opportunistes. Le CPI (maoïste) a compris que la clique Sonu-Satish-Devji, responsable d’avoir instigué la ligne de capitulation, de la remise des armes et de la désintégration des rangs révolutionnaires au milieu de la campagne d’encerclement et d’anéantissement menée contre le parti et l’armée, n’est pas l’amie du peuple. Ce sont des traîtres et des agents ennemis déguisés en révolutionnaires.

Après que Sonu eut échoué à rendre le parti ouvert et légal par le biais de son communiqué de presse et de ses déclarations, il a remis son AK-47 au représentant fasciste du BJP-RSS2, le ministre en chef du Maharashtra. Dans une interview accordée à un grand journal anglophone, Devji a déclaré qu’il continuait à défendre le Marxisme-Léninisme-Maoïsme et qu’il œuvrerait par des moyens légaux pour atteindre les objectifs politiques du parti. Ironiquement, il a également qualifié Sonu de traître tout en promettant de s’efforcer de rendre le parti révolutionnaire ouvert et légal et de demander au gouvernement de lever l’interdiction qui pèse sur lui. Quiconque connaît les principes fondamentaux du Marxisme-Léninisme-Maoïsme comprendra que le parti communiste ne peut être ni légal ni ouvert. La réponse du camarade Lénine à la politique de capitulation commodément adoptée par Devji est la suivante : « S’exprimer dans la presse légale contre la clandestinité ou en faveur d’un parti ouvert revient simplement à perturber notre parti, et nous devons considérer ceux qui agissent ainsi comme des ennemis acharnés du parti » (Camarade Lénine dans son rapport à la Conférence de Bruxelles).

La peur, disait le camarade Marx, est la caractéristique distinctive de l’opportunisme. Les camarades Basavaraj, Raju Da, Kosa Da et Hidma se sont tous retrouvés face à cette situation, mais ils ont choisi d’être des martyrs de la révolution. Ils avaient leurs idées politiques plus à cœur que leur propre peau. Mais pour des gens comme Sonu et Devji, ce n’était pas une option ; ils ont choisi le liquidationnisme. À propos des liquidationnistes, le camarade Lénine a déclaré : « Le liquidationnisme est un opportunisme qui va jusqu’à renoncer au Parti. Il va de soi que le Parti ne peut exister s’il comprend ceux qui ne reconnaissent pas son existence. Il est tout aussi compréhensible que le renoncement à la “clandestinité” dans les conditions existantes soit le renoncement à l’ancien Parti. » Les peuples du monde avaient démasqué Sonu, et par conséquent, afin de semer la confusion dans les rangs des révolutionnaires, la classe dirigeante a dû mettre en avant la figure de Devji. À l’instar de Sonu, le Parti maoïste a lui aussi démasqué Devji comme un ennemi acharné du prolétariat et un traître de premier ordre. Ils ont clairement établi que Devji est un autre Sonu, mais sous un apparat révolutionnaire, et ont mené une lutte idéologique acharnée contre la ligne de capitulation, contre ceux qui voulaient briser le parti de la classe ouvrière. Les révolutionnaires indiens ont une fois de plus réaffirmé que tout au long de la période de la Révolution de Nouvelle Démocratie, la lutte armée sera la forme principale de lutte et l’armée la forme principale d’organisation. Tous les efforts déployés dans le cadre de mouvements de masse sont vains s’ils ne servent pas, en fin de compte, la guerre populaire visant à démanteler les structures mêmes de l’exploitation de l’homme par l’homme.

Tout en ayant déclaré l’Inde « exempte de maoïstes », l’impérialisme en crise devient de plus en plus agité et tente de mener une guerre psychologique contre la guerre révolutionnaire, cherchant toujours à contraindre les révolutionnaires à se rendre. Malgré tous les obstacles dressés par la classe dominante, ses agents et les éléments opportunistes, liquidationnistes et révisionnistes, les révolutionnaires avancent sur la voie de la Révolution de Nouvelle Démocratie – du Socialisme – du Communisme. Le Parti Communiste d’Inde (Maoïste) a exclu les traîtres et les renégats et poursuit sur la voie de la Guerre Populaire prolongée : la voie tracée par les courageux martyrs. Ainsi, bien que le mouvement maoïste en Inde ait subi d’énormes pertes, les trois armes magiques – le parti, l’armée et le front uni – existent toujours, menant une lutte acharnée contre l’opportunisme, le liquidationnisme et le révisionnisme, et brandissant haut la glorieuse bannière du Marxisme-Léninisme-Maoïsme.

La guerre populaire en Inde se poursuit !

Si tu tombes

un soir au crépuscule,

tu tomberas comme un soleil,

avec derrière toi des milliers d’étoiles filantes.

Le 13 avril, Rangaboina Bhagya, connue sous le nom de camarade Rupi, a refusé de se rendre face à l’État indien fasciste brahmanique hindutva et a donné sa vie lors d’un affrontement à Kanker, dans l’État du Chhattisgarh, en défendant la ligne révolutionnaire de la lutte armée. Elle était commandante de l’Armée de guérilla de libération du peuple (PLGA). Rupi était une membre du Comité régional du CPI (Maoïste) âgée de 46 ans qui avait quitté son village du district de Siddipet, dans le Telangana, pour devenir révolutionnaire professionnelle à plein temps à l’âge de 24 ans. Après son martyre, l’État indien a retenu son corps pendant 48 heures avant de le restituer. Des milliers de personnes ont participé à ses funérailles dans sa ville natale de Telangana, défilant et scandant des slogans à la gloire de la guerre populaire et de leur héroïne tombée au combat, Rupi. Les paysans scandaient « Bhagya (Rupi) est immortelle », et des banderoles ont été accrochées dans tout le village en hommage à Rupi. Elle a refusé de trahir la révolution et a donné sa vie, restant à jamais immortelle dans le cœur du peuple. Sa vie et sa fin sont un témoignage ou une métaphore du fait que l’esprit de la révolution ou du maoïsme ne peut jamais être anéanti.

Deux jours plus tard, le 15 avril, les forces de sécurité de l’État avaient encerclé le maoïste Misir Besra, membre du bureau politique, et son groupe dans la forêt de Saranda, dans le district de West Singbhum, au Jharkhand, grâce aux informations fournies par les hommes de main du Comité Tritiya Prastuti (TPC). Le TPC est une milice criminelle réactionnaire, soutenue par la police, opérant au Jharkhand, qui sert les intérêts de l’État indien, des entrepreneurs, du capital minier et des élites locales en divisant les populations opprimées selon les lignes de caste, en se livrant à l’extorsion, au travail d’informateur et à la contre-insurrection contre les forces révolutionnaires. Dans les échanges de tirs entre les maoïstes et les forces armées de l’État à Saranda, au moins six membres du CoBRA ont été blessés selon les données du gouvernement (ce qui signifie que le nombre réel pourrait être plus élevé) et l’escouade de Misir Besra s’est retirée de cet endroit. Cet incident fait écho au slogan de la Guerre Populaire prolongée à travers les forêts denses du Jharkhand et à travers le monde, prouvant que le maoïsme est vivant et refuse de capituler face à l’ennemi. N’ayant rien tiré de cette opération, l’État indien, désespéré et pris de panique, a réagi à sa défaite en déguisant les quatre sbires du TPC (qui lui avaient fourni les informations) en maoïstes et en les tuant lors d’un faux affrontement à Chatra, dans le Jharkhand.

Récemment, le 2 mai, lors d’une opération de contrôle du territoire menée par l’État, quatre membres de la Garde de réserve du district (l’armée contre-révolutionnaire des Maoïstes capitulards) ont été tués dans l’explosion d’un engin explosif improvisé (EEI) à la frontière entre Kanker et Narayanpur, dans la région de Bastar, dans l’État du Chhattisgarh.

Alors que la crise de l’impérialisme s’aggrave, les populations de tout le pays descendent dans la rue et mènent une lutte militante. À Sijimali, dans l’Odisha, les Adivasis organisent sans relâche, 24 heures sur 24, des veillées sur les collines, des manifestations, des barrages routiers et des camps de résistance dans leurs forêts pour empêcher la mainmise illégale de Vedanta sur leurs terres en vue de l’exploitation minière de la bauxite. En avril de cette année, des femmes se sont tenues en première ligne, une hache à la main, pour empêcher la construction de la route liée au projet minier.

Dans les districts de Panna et de Chhatarpur, dans l’État du Madhya Pradesh, les communautés adivasis et paysannes s’opposent au projet de liaison fluviale Ken-Betwa, qui entraînerait l’inondation de villages, le déplacement de milliers de familles et la destruction de la forêt. Les villageois ont occupé les routes et les postes de contrôle forestiers, interrompu les travaux, organisé des rassemblements de masse, tenu des camps de protestation toute la nuit et refusé d’être évacués. Des centaines de femmes ont organisé le Chita Andolan (manifestation du bûcher funéraire), s’allongeant sur des bûchers symboliques pour montrer que le déplacement équivaut pour elles à une condamnation à mort. Les femmes participant à cette manifestation ont déclaré qu’elles prendraient les armes et rejoindraient les naxalites si Vedanta ne faisait pas marche arrière. À Noida, des milliers d’ouvriers ont manifesté pour réclamer des salaires plus élevés et de meilleures conditions de travail. Ces travailleurs ont bloqué les autoroutes et les routes industrielles, fermé les zones industrielles, occupé les carrefours, affronté les barricades de la police, lancé des pierres, incendié des véhicules et endommagé les biens de l’entreprise et de la police. L’État indien était tellement terrifié par le fait que les travailleurs dépassent les limites étroites du syndicalisme légal et s’engagent dans une lutte militante que, quelques semaines seulement après avoir déclaré le pays « exempt de naxalites », il a commencé à voir le spectre de Naxalbari dans cette manifestation des travailleurs de Noida. Fidèle à sa nature fasciste et compradore, l’État a répondu à toutes ces manifestations par une répression brutale.

Le 1er mai, à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, des graffitis révolutionnaires prônant le Marxisme-Léninisme-Maoïsme ont été repérés à divers endroits de la capitale, Delhi. Ces graffitis comportaient notamment le slogan « Ghar Ghar Se Hidma Niklega », rappelant que les révolutionnaires ne meurent pas, ils se multiplient !

Tout cela prouve non seulement que le CPI (Maoïste) refuse de s’incliner devant l’ennemi et continue de mener une lutte armée, mais aussi que la confiance du peuple en lui reste intacte. Les flammes de Naxalbari brûlent toujours à travers l’Inde et l’État indien a lamentablement échoué dans sa « guerre finale » contre le mouvement révolutionnaire. Les déclarations de victoire contre le CPI (maoïste) faites par le ministre de l’Intérieur de l’Union, Amit Shah, les 30 et 31 mars, ont donc été démenties.

Les armées vaincues apprennent vite !

« Que les libéraux et les intellectuels effrayés se découragent après la première véritable bataille de masse pour la liberté, qu’ils répètent comme des lâches : n’allez pas là où vous avez déjà été battus, ne reprenez pas ce chemin fatal. Le prolétariat doté d’une conscience de classe leur répondra : les grandes guerres de l’histoire, les grands problèmes révolutionnaires n’ont été résolus que par les classes avancées qui sont revenues à l’attaque encore et encore ; et elles ont remporté la victoire après avoir tiré les leçons de la défaite. Les armées vaincues apprennent bien. Les classes révolutionnaires de Russie ont été vaincues lors de leur première campagne, mais la situation révolutionnaire demeure. Sous de nouvelles formes et par d’autres voies, parfois bien plus lentement que nous le souhaiterions, la crise révolutionnaire s’approche une fois de plus, mûrit à nouveau. Nous devons mener à bien la tâche de longue haleine qui consiste à préparer les masses plus larges à la crise révolutionnaire ; cette préparation doit être plus sérieuse, en tenant compte des tâches plus élevées et plus concrètes ; et plus nous accomplirons cette tâche avec succès, plus notre victoire dans la nouvelle lutte sera certaine. »

Camarade Lénine

La crise à laquelle est confronté aujourd’hui le mouvement révolutionnaire indien n’est pas nouvelle pour le communisme. Le mouvement révolutionnaire russe a connu une crise similaire après 1905. L’État tsariste avait intensifié la répression et la terreur contre-révolutionnaire, tandis qu’au sein du mouvement du parti émergeaient l’opportunisme, le liquidationnisme et le révisionnisme, certains éléments cherchant à abandonner le travail révolutionnaire clandestin au profit du légalisme et de l’adaptation aux structures parlementaires bourgeoises. Il y avait un manque de coordination centralisée entre les comités. Les bolcheviks ont surmonté cela en luttant contre la ligne de l’opportunisme, du liquidationnisme et du révisionnisme et en reconstruisant un parti discipliné, clandestin et idéologiquement uni, fondé sur le centralisme démocratique et ancré dans la lutte des classes. Ainsi, en un peu plus d’une décennie, les forces mêmes qui avaient été déclarées écrasées et vaincues revinrent avec une force accrue, balayèrent le tsarisme et le pouvoir bourgeois lors des Révolutions de Février et d’Octobre 1917, et ébranlèrent les fondements du monde.

Les revers subis par un mouvement révolutionnaire ne sont pas des interruptions fortuites, mais font partie intégrante du développement historique, mû par les contradictions. Le changement social ne progresse pas en ligne droite et sans heurts ; au contraire, le développement s’opère à travers les conflits, les revirements, les ruptures et les bonds en avant. Tout mouvement révolutionnaire recèle des contradictions internes entre forces avancées et forces arriérées, entre lignes politiques justes et erronées, entre organisation et spontanéité, ainsi que des contradictions externes avec les classes dirigeantes et l’État. Un revers peut temporairement affaiblir le mouvement, mais il met également en évidence ses faiblesses, met à l’épreuve les lignes politiques, élimine les éléments instables et fait progresser le mouvement révolutionnaire sur les plans idéologique, politique et organisationnel. Les défaites et les revers temporaires deviennent des moments à travers lesquels le mouvement révolutionnaire se transforme et prépare les conditions de ses avancées futures.

Le mouvement communiste indien se trouve aujourd’hui confronté à une situation similaire à celle à laquelle les Bolcheviks avaient dû faire face après 1905. Les révolutionnaires indiens sont peut-être faibles aujourd’hui, mais cette faiblesse n’est pas d’ordre stratégique ; sur le plan stratégique, ils suivent la bonne ligne politique et, par conséquent, les lois de la science indiquent qu’ils se soulèveront pour détruire les trois grandes montagnes (l’Impérialisme, le Capitalisme Bureaucratique Comprador et le Féodalisme) qui écrasent les peuples de ce pays et du monde entier. La raison de ce revers temporaire n’est pas la répression de l’État, mais les éléments opportunistes, liquidationnistes et révisionnistes au sein du mouvement révolutionnaire, contre lesquels une lutte incessante est menée. Le parti du prolétariat est comme un organisme vivant qui préserve et renforce sa vitalité révolutionnaire par la régénération constante de ses cellules. Pour le mouvement révolutionnaire indien, les idées erronées vaincues dans la lutte des deux lignes et les opportunistes-liquidationnistes-révisionnistes qui ont tenté d’ouvrir le parti sont comme les cellules sanguines mortes qui ont été éliminées tandis que le corps du parti vit pour développer et faire avancer la lutte pour la libération. La guerre populaire dans le pays se poursuit, et elle se poursuivra, sur la voie tracée par Marx, Engels, Lénine, Staline, Mao et les nombreux martyrs du mouvement révolutionnaire indien, jusqu’à ce que les masses exploitées et opprimées noient l’État fasciste dans le sang qu’il a versé et s’élèvent vers la victoire. Le sang des guerriers du peuple tombés au combat nourrira la guerre populaire !

1 Note de la traduction (NDLT) : Tribus autochtones en Inde.

2 NDLT : Parti d’extrême droite nationaliste hindou.