Inde : Le secrétaire général du RSF perquisitionné par la police

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Nous partageons une nouvelle publiée ce jour sur le site Red Herald, faisant état d’une nouvelle attaque de l’État réactionnaire indien contre le Front Révolutionnaire des Étudiants (RSF) en Inde.

Le Front révolutionnaire des étudiants (RSF) a fait état d’une perquisition menée par la police au domicile du camarade Tathagata Roy Chowdhury, son secrétaire général, aujourd’hui à 4 h 46 du matin. Le RSF condamne le recours croissant à ces tactiques à l’encontre des militants dans toute l’Inde, qui donnent lieu à des poursuites judiciaires montées de toutes pièces à leur encontre. Le RSF précise que ce n’est pas la première fois que de telles perquisitions ont lieu, puisqu’en octobre 2024, il avait déjà été victime de la répression de l’ancien État sous l’accusation de « complot visant à réorganiser les activités maoïstes ».

À la fin de son communiqué, le RSF réaffirme sa position : malgré toutes les poursuites et la répression auxquelles il est confronté, il reste fidèle au marxisme-léninisme-maoïsme et poursuit son objectif d’organiser la Révolution de nouvelle démocratie en Inde.

Nous partageons ici le communiqué dans son entièreté :

Révoltons nous contre les perquisitions et les interrogatoires antidémocratiques menés par l’agence terroriste NIA à l’encontre des militants des mouvements de masse dans tout le pays !

« Être attaqué par l’ennemi n’est pas une mauvaise chose, mais une bonne chose »

Mao Zedong

Camarades, aujourd’hui (18/06/2026) vers 4 h 30 du matin, les forces conjointes de la NIA, la Gestapo terroriste de l’État, de la police de Kolkata, de la police du Bengale Occidental et les forces armées des CRPF ont fait une descente au domicile du camarade Tathagata Roychowdhury, à Santhoshpur. Il est le secrétaire général du Front révolutionnaire des étudiants (RSF). Ils ont perquisitionné son domicile sous le faux prétexte de liens avec les « maoïstes ». Après avoir saccagé les lieux, ils ont saisi plusieurs magazines, dont Chhatrafauj, un ouvrage lié aux mouvements étudiants révolutionnaires, ainsi que des documents provenant de la propre affaire de la NIA de 2022 intitulée « Complot de réorganisation de l’ERB ».

Le camarade Tathagata a été convoqué au bureau de la NIA à Ranchi le 24 juin. Le forcer à se rendre au Jharkhand alors qu’il existe un bureau de la NIA à Calcutta n’est rien d’autre que du pur harcèlement. De même, le domicile de Jhilam Roy, militante au sein du collectif « Feminists in Resistance » (FIR), a fait l’objet d’une perquisition tôt ce matin. Par ailleurs, Sukumar Kayal, enseignant et militant du Sangrami Krishak Manch (SKM), a été interrogé dans son établissement scolaire à Nadia, puis son domicile a fait l’objet d’une perquisition. L’État tente désespérément de piéger ces militants politiques en invoquant la loi draconienne UAPA. Nous craignons que la NIA ne lance des attaques similaires contre d’autres militants des mouvements de masse dans les jours à venir.

Cette opération n’est pas un incident isolé. Les militants politiques antifascistes sont pris pour cible de manière tout à fait systématique. Nous avons vu la NIA mener des raids similaires contre les domiciles de divers militants de mouvements de masse, syndicalistes, agriculteurs et leaders étudiants dans notre État dès octobre 2024. Nous observons exactement le même schéma se reproduire chaque mois à Delhi, au Chhattisgarh, en Uttar Pradesh, dans l’Haryana, en Andhra Pradesh et au Maharashtra. Cependant, la situation spécifique au Bengale exige une analyse plus approfondie.

Depuis leur prise de pouvoir au Bengale occidental, le RSS et le BJP, organisations fascistes brahmaniques de l’Hindutva, travaillent d’arrache-pied pour mener à bien leur programme corporatiste de l’Hindutva au service des intérêts du grand capital national et étranger. Auparavant, l’ancien gouvernement du Trinamool mettait en œuvre, étape par étape, des politiques centrales anti-populaires.

Aujourd’hui, sous le règne direct du BJP, des mesures telles que la Nouvelle politique éducative de 2020, la déréglementation environnementale, la loi sur le waqf, le Code civil uniforme et les lois sur la protection des données sont imposées de manière agressive. L’emprise du RSS sur le pouvoir judiciaire a été pleinement mise en évidence lors du mouvement contre le SIR. La branche étudiante du Sangh, l’ABVP, a pris le contrôle des établissements d’enseignement supérieur et des universités, et s’impose désormais face aux syndicats. Elle s’empare de tous les secteurs au Bengale pour mener à bien son programme et étouffer toute voix dissidente.

Dans un premier temps, la Commission électorale a été instrumentalisée pour mener les opérations du NRC par le biais du SIR. Ensuite, le recensement imminent servira d’outil pour priver les masses de leurs droits et les rendre apatrides. Les communautés marginalisées, en particulier les minorités, sont reléguées au rang de citoyens de seconde zone par un déluge de lois visant à les priver de leurs libertés religieuses. La nouvelle loi sur le waqf ouvre la voie au pillage de leurs terres. Dans le même temps, le chômage dans le pays a atteint son plus haut niveau depuis plusieurs décennies. Les examens d’admission et de recrutement sont devenus des foyers de corruption et sont fréquemment annulés. Les politiques gouvernementales ont rendu l’agriculture non rentable, et la situation de la classe ouvrière ne cesse de se détériorer. Dans un contexte de précarité extrême de l’emploi, l’expulsion des marchands ambulants et des petits commerçants a commencé. Un véritable « règne des bulldozers » illégal sévit, avec le soutien des forces armées. Il ne s’agit en rien d’un simple échec institutionnel. C’est le résultat calculé d’un plan fasciste conçu pour créer une immense armée de réserve composée d’une main-d’œuvre bon marché, sans défense, non qualifiée et dépourvue de tout pouvoir de négociation. Cette main-d’œuvre est destinée à servir les grandes entreprises et leurs maîtres impérialistes, tout en servant de chair à canon pour les guerres impérialistes ou de bras armés pour la violence collective de l’Hindutva.

Deuxièmement, les régions riches en ressources à travers le pays, telles que l’Inde centrale, le Cachemire, le Ladakh, les îles Andaman et le Nord-Est, sont systématiquement spoliées au détriment des populations locales. Par le biais d’expulsions massives et de massacres orchestrés, ces terres sont cédées pour une bouchée de pain à des entreprises telles qu’Adani, Ambani et Vedanta. Pour y parvenir en Inde centrale, les forces armées mènent une campagne de terreur contre les Adivasis, allant du viol et du meurtre aux bombardements aériens et à l’incendie de villages entiers. Ceux qui résistent sont qualifiés de maoïstes et soumis à une terreur d’État impitoyable. Les dirigeants et les cadres du parti CPI (maoïste), qui se tiennent aux côtés du peuple dans ses luttes légitimes, sont systématiquement assassinés. Nous avons vu comment une immense étendue de forêt en Inde centrale a été cédée à des entreprises immédiatement après l’assassinat du secrétaire général du CPI (maoïste), le camarade Basavaraj.

Dans ce contexte, les organisations politiques révolutionnaires de masse se dressent comme une forteresse contre le programme fasciste. Le conseiller à la Sécurité nationale, Ajit Doval, a ouvertement déclaré que la société civile était leur nouvelle ligne de front. Conformément à la feuille de route stratégique de Surajkund, les forces fascistes ciblent depuis longtemps les segments antifascistes et révolutionnaires de la société civile. Les qualifiant de « naxalites porteur de plume », l’État les réprime sans relâche par des arrestations, des descentes, de fausses confrontations et des affaires montées de toutes pièces. L’objectif est de faire taire toute voix qui s’élève contre le programme fasciste. L’attaque institutionnelle menée aujourd’hui contre les militants du mouvement de masse du Bengale s’inscrit dans le prolongement direct de cette stratégie, et l’État mobilise tous ses organes pour la mettre en œuvre.

Au nom du Front étudiant révolutionnaire (RSF), nous déclarons qu’il est impossible de réprimer la vague montante de la rébellion de masse par de telles attaques fascistes. Face à la terreur d’État, le RSF a brandi haut et fort le drapeau rouge de la politique marxiste-léniniste-maoïste et continuera de le faire. En vérité, la croisade menée par le gouvernement pour éradiquer ces « naxalites porteur de plume » n’est rien d’autre qu’une répression fasciste de la liberté d’expression démocratique.

Comme l’avait fait remarquer le camarade Mao Zedong : « C’est une bonne chose que l’ennemi nous attaque, car cela prouve que nous avons tracé une ligne de démarcation claire entre lui et nous. C’est encore mieux si l’ennemi nous attaque avec acharnement et nous dépeint comme des êtres totalement mauvais et dépourvus de toute vertu ; cela démontre que non seulement nous avons tracé une ligne de démarcation claire entre l’ennemi et nous, mais aussi que nous avons accompli un travail considérable. »

Cela prouve que notre voie dans la lutte contre le fascisme est la bonne. Nous devons garder à l’esprit que le RSS et le Sangh sont en train de « safraniser » toutes les institutions de l’État. Il n’est plus possible de les combattre par les voies juridiques et parlementaires. La victoire finale appartient au peuple. Construire un mouvement de masse militant et révolutionnaire est la seule voie à suivre.

Exigeons l’abrogation immédiate de la NIA et de l’UAPA. Le Front révolutionnaire des étudiants appelle toutes les organisations et tous les individus progressistes, démocrates, antifascistes et de gauche à forger une résistance de masse farouche, unie et militante contre la terreur d’État déchaînée par la NIA contre les militants du mouvement de masse dans tout l’État.


Arghyajit
Porte-parole
Front révolutionnaire des étudiants