Nous partageons un article-critique écrite par Christophe Oberlin. Christophe Oberlin est un chirurgien reconnu pour son traitement des blessures traumatiques et des paralysies. Il est connu pour son engagement pour la défense du peuple palestinien, en particulier dans la bande de Gaza où il est intervenu à des multiples reprises depuis 2001 dans le cadre de son travail, cruellement nécessaire de par l’agression génocidaire permanente israélienne. De cette expérience, Christophe Oberlin tire une connaissance approfondie de la politique palestinienne, en particulier celle de Gaza et de ses mouvements de résistance, couverte dans plusieurs livres, tel que « La Vallée des Fleurs », « Les dirigeants israéliens devant la Cour pénale internationale. L’enquête », ou encore « Survivre à Gaza » que nous recommandons à nos lecteurs.
Gwenaelle Lenoir a bénéficié le 8 juin 2026 à Istanbul d’un entretien exclusif de plusieurs heures avec Bassem Naïm, l’un des principaux dirigeants du Hamas. L’occasion de faire connaître les idées et propositions d’un mouvement totalement boycotté dans les médias français, alors que celui-ci représente une grande partie de l’électorat palestinien. Le résultat est étrange : pas de mention de l’entretien dans le titre de l’article, comme pour éviter une trop grande diffusion ? Et l’entretien lui-même avec Bassem Naïm, Ministre de la Santé pendant dix ans d’un territoire assiégé, est précédé d’un long micro-trottoir entièrement à charge. Suit ici l’intégralité de l’article ainsi que les réflexions qu’il m’a inspirées.
« Le Hamas a perdu des centaines de cadres et de militants mais contrôle toujours la bande de Gaza, du moins le réduit non occupé par Israël. Cependant, le mouvement islamiste, dont la popularité s’est effondrée dans l’enclave palestinienne, semble peiner à dessiner une stratégie. »
Popularité effondrée ? Quelles sources, à part un youtubeur basé à l’étranger totalement inconnu, et un « analyste palestinien » anonyme ? La vraie question est celle des élections, réclamées par tous les partis palestiniens et refusées par les exécutifs occidentaux et l’Autorité Palestinienne, depuis 18 ans.
« #Révolution du 26 juin » est un hashtag qui circule beaucoup sur les réseaux sociaux depuis quelques semaines, et en particulier ces jours derniers. Des Palestinien·nes, souvent jeunes, lancent des appels aux habitant·es de la bande de Gaza, leur enjoignent de manifester, de sortir au milieu des ruines et dans les rues pour protester contre les conditions de vie indignes et exiger la fin du génocide, un accès à la nourriture, à l’eau, à l’hygiène, à la santé, à l’éducation, bref : à une vie décente. »
Sauf que cet appel est un flop, car l’immense majorité des Gazaouis savent que le manque d’accès « à une vie décente » est lié à l’occupation, au siège et aux bombardements. Cet appel à manifester ressemble à bien d’autres, ici et ailleurs, qui ne reflétaient guère l’opinion locale, mais davantage le souhait occidental de « changement de régime ». On ne voit pas très bien ce que vient faire une tentative de la Hasbara dans un article qui bénéficie (fait rarissime en France ») de la possibilité de questionner en face à face un dirigeant du mouvement Hamas. Surprenante façon de conditionner le lecteur.
« L’appel n’est pas centralisé, mais la plupart de celles et ceux qui s’expriment vivent aujourd’hui hors de la bande de Gaza. Si le message commun est « Nous n’en pouvons plus ». »
Il est curieux d’indiquer dans l’introduction que la popularité du Hamas se serait effondrée à Gaza, avec pour « preuve » un hstag diffusé en dehors de Gaza.
« certains »
On est passé de « l’immense majorité » à « certains ».
« visent nommément le Hamas. D’autres se focalisent sur le non-respect des termes du cessez-le-feu par Israël et l’atonie de la communauté internationale. Ce ne serait pas la première fois que des manifestations contre les conditions de vie infernales se dérouleraient dans l’enclave palestinienne. Bedna na’ich (« nous voulons vivre », en français), mouvement informel »
Et complètement inconnu : la recherche de cette organisation sur Google ne trouve qu’une seule référence : l’article de GL paru ce jour !
« organisé depuis mars 2019 »
C’est dire son succès aujourd’hui, 7 ans après sa « création » !
« Lors de sa création, le Hamas gouvernait seul la bande de Gaza depuis déjà douze ans. Les griefs d’une partie de la population étaient nombreux à l’égard de la gouvernance islamiste »
Source ? En tous cas le Hamas, comme tous les partis politiques, réclamait déjà des élections.
« même si personne ne perdait de vue, dans le petit territoire, que le strict blocus israélien (israélo-égyptien) entravait tout développement économique. (Moumen al-Natour, avocat de 30 ans membre de Bedna na’ich). »
Non, président-fondateur il y a 7 ans, et qui fait sûrement partie de cette société civile qui va apporter l’apaisement.
« aujourd’hui réfugié en Italie, décrit ainsi à Mediapart l’emprise du parti islamiste avant le 7-Octobre : « Le Hamas gérait tout et contrôlait tout, notamment l’accès à l’emploi dans l’administration. »
Là on voit que Bedna na’ich comme GL, semble ignorer un détail : l’existence des « Fatah-Home ». Lors des élections de 2006, gagnées par le Hamas, l’Autorité Palestinienne a bloqué instantanément les salaires des fonctionnaires de Gaza s’ils continuaient à travailler. Des dizaines de milliers de policiers, enseignants, médecins, ont continué à être rémunérés (certains jusqu’aujourd’hui, les autres ayant atteint l’âge de la retraite) à condition de rester à la maison. Il aurait été intéressant de demander au Dr Bassem Naïm, ministre de la Santé à l’époque, ce qu’il en pense. Naturellement les postes vacants ont été comblés progressivement, en fonction des ressources.
Et je ne serais pas surpris que « l’analyste » gazaoui anonyme dont nous allons faire connaissance fasse justement partie de ces « Fatah-home ».
Bedna naich continue :
« Si vous postuliez, pour avoir une chance d’avoir le poste, il fallait une recommandation de l’émir »
Dictionnaire :
1 Titre honorifique donné autrefois au chef du monde musulman, aux descendants du Prophète, puis à des princes, des gouverneurs, des chefs militaires de l’Islam.
2. Chef d’État héréditaire d’un émirat de la péninsule Arabique.de votre mosquée.
Pour ma part, en 25 années de séjours réguliers à Gaza, je n’ai jamais entendu prononcer le mot émir. S’agit-il d’une malveillance visant à renvoyer le Hamas aux temps archaïques, ou d’un « mot traceur » ? En effet certains « analystes » israéliens proposent rien de moins que la découpe du territoire de Gaza en un certain nombre « d’émirats » qui correspondraient à la mentalité locale et seraient plus faciles à contrôler. J’espère que la coïncidence est fortuite !
« Aujourd’hui encore, ce qui reste d’administration de la bande de Gaza est géré par le Hamas. »
Effectivement, la santé (hôpitaux, PMI, vaccinations) l’éducation, la sécurité, la distribution de l’aide humanitaire, sont organisé par ceux qui ont été élu, et rêvent de ne plus l’être à une condition : que des élections libres et non faussées puissent enfin donner aux Palestiniens une représentation réelle. Et les deux Barghouti, Marwan et Mustapha, feraient bien l’affaire du Hamas. Il est dommage que GL n’ait apparemment pas posé la question à Bassem Naïm.
« La popularité du mouvement n’a probablement jamais été aussi basse dans l’enclave, mais les gens supportent son gouvernement car ils n’ont pas le choix » décrypte un analyste gazaoui qui préfère garder l’anonymat. »
Bien sûr, on pense aux risques de représailles : Il faut alors faire confiance au journaliste dont on espère l’honnêteté. Aux lecteurs de juger.
« Ils ont besoin de lui, pour les certificats de naissance, ceux de décès, toute leur vie, en fait. »
L’analyste anonyme reproche donc au ministère de la Santé de faire son travail : organiser le redémarrage des activités, enregistrer les types de pathologies médicales et chirurgicales, fournir à l’0rganisation Mondiale de la Santé les données médicales à la base des rapports mensuels publiés par ses fonctionnaires dont nombre ont été décimés (ils sont sur place), et bien sûr, chaque jour publier les noms des morts et des blessés. Ce reproche est inaudible.
« Contrôle sécuritaire. :
Bassem Naïm, historique du Hamas, ancien ministre de la santé du gouvernement Haniyeh après les élections de 2006 remportées par le mouvement islamiste et membre de son bureau politique, assure pourtant »
Le « pourtant » est de trop, a moins que le ministre ne soit fourbe et manipulateur, on n’est pas loin du stéréotype.
« que le parti ne demande qu’à se retirer du pouvoir. « À plusieurs reprises, en 2014 puis en 2017, nous avons proposé de former un gouvernement d’union nationale, mais ces tentatives ont été systématiquement sabotées par l’Autorité palestinienne de Ramallah, par les Israéliens, les Américains, et malheureusement les Européens, rappelle-t-il à Mediapart dans les bureaux du mouvement à Istanbul. De même, nous sommes prêts à céder la gouvernance de la bande de Gaza au comité administratif technocratique [prévu par le plan Trump en vingt points d’octobre 2025 pour gérer le territoire – ndlr], y compris pour la sécurité, les frontières, les points de passage. »
Mais le Comité national pour l’administration de Gaza (Cnag) est toujours au Caire, n’ayant pas reçu l’autorisation d’entrer dans l’enclave »
il aurait été honnête de dire que le refus vient de l’armée israélienne qui tient Rafah, et non de suggérer qu’il vient du Hamas
« et de commencer sa tâche, et le Hamas contrôle une partie du territoire, celle qui n’est pas occupée par l’armée israélienne. À savoir 30 à 40 % de la petite bande côtière. »
Le Hamas assure donc ne plus vouloir assumer le gouvernement. « Car nous nous considérons fondamentalement comme un mouvement de résistance. À ce stade, nous ne sommes pas un mouvement au pouvoir,reprend Bassem Naïm. Nous pensons que l’une des plus grandes erreurs d’Oslo a été, comme on dit en arabe, de “mettre la carotte devant le cheval”, c’est-à-dire de mettre en place un système politique sous l’occupation. Il faut d’abord mettre fin à l’occupation, puis tous les Palestiniens pourront se réunir et former leur propre système politique. »
Selon lui, la participation du Hamas aux élections de 2006 visait à essayer de changer le cours des choses de l’intérieur. Mais l’échec du gouvernement d’unité nationale mis en place après sa victoire aux législatives, puis du cabinet Hamas, les deux empêchés par le refus occidental de traiter avec eux, leur a servi de leçon.
Seulement, reprend Bassem Naïm, le mouvement ne peut pas, dans la situation actuelle, laisser une béance à Gaza. Notamment sécuritaire. Aussi, le déploiement des hommes du Hamas dans les rues, dès la signature du cessez-le-feu en octobre 2025, assure-t-il, n’a d’autre but que d’empêcher le chaos, et notamment l’action des milices financées et armées par Tel-Aviv. Au nombre de cinq aujourd’hui, les groupes supplétifs règnent sur tout l’est du territoire, celui occupé par l’armée israélienne, et procèdent à des incursions, des enlèvements et des assassinats, notamment de membres du Hamas, dans la partie occidentale de la bande de Gaza.
Exécutions sommaires.
Sans les forces du Hamas, ce serait la jungle. Ces milices, et peut-être même des familles, s’affronteraient, il y aurait des vols et des viols, mais les familles et les factions politiques, en collaboration avec le Hamas, s’efforcent de maintenir la sécurité et d’y veiller », reprend le responsable du Hamas, lui-même originaire de Gaza. »
Ici la journaliste ajoute :
« Le mouvement tient à mettre de son côté ces grandes familles, fortes de milliers de membres, ossature de la société gazaouie, qu’Israël a souvent cherché à coopter et avec lesquelles la cohabitation est parfois houleuse et meurtrière. »
Les résistants palestiniens n’ont évidemment jamais tenu à mettre de leur côté les groupuscules armés par Israël, et il ne s’agit en rien de « cohabitation parfois houleuse ». Après les élections de 2006, Israël-USA a tenté un coup d’Etat (parfaitement documenté dans les « Palestine papers »), et ce sont quelques centaines de personnes qui ont été chassées de Gaza par la résistance palestinienne.
Cette présentation tend à donner de Gaza l’image stéréotypée d’une société clanique, voire primitive, incapable de se gérer.
« Bassem Naïm en tient la preuve, avec les actions d’un des clans les plus remuants du territoire, connu pour son implication dans la grande criminalité : « Les Doghmoush ont tué mon fils en octobre dernier. Dès le lendemain de la signature de l’accord, ils ont tenté de semer le chaos. Nous sommes des habitants de la région où ils se trouvent, à Tal Al-Hawa. Et ils ont tenté de prendre le contrôle de la région et de tuer quiconque n’obéissait pas à leurs ordres. »
Ce que Bassem Naïm tait, c’est la violence déployée par le Hamas après l’assassinat de son fils.
Reprise par l’anonyme :
« Le Hamas a rassemblé toute la famille Doghmoush, y compris les très jeunes hommes, et a exécuté à ce moment-là environ neuf personnes de la famille sur des places publiques, en représailles au meurtre de son fils. Le Hamas les a accusés d’être des collaborateurs d’Israël. Mais nous savons que certains d’entre eux au moins ne l’étaient pas. »
Lesquels ?
Les exécutions sommaires ont été filmées et les images diffusées par le Hamas lui-même, à titre d’exemple.
L’auteure fait ici preuve d’une grandeur d’âme que l’on ne peut que saluer : si son propre fils avait été tué en luttant contre des traitres armés et financés par Israël, en plein génocide, elle aurait insisté pour que les coupables aient droit à un procès juste et équitable. Bravo.
« Cette accusation de collaboration avec l’ennemi est facile à utiliser. »
Oui, c’est « facile », et relayer certaines accusations anonymes gravissimes (voir plus loin), n’est pas une facilité, c’est du journalisme.
« car il existe effectivement des informateurs, et largement mise en œuvre au sein du mouvement islamiste. Contre toute personne s’opposant à sa politique et critiquant sa ligne. »
Cet amalgame entre les indicateurs qui guident les bombardements israéliens et les opposants politiques locaux est honteux.
« Bedna Na’ich a organisé quinze marches de protestation dans la bande de Gaza depuis le 7-Octobre. À chaque fois, l’argument de la collaboration a été avancé pour les décrédibiliser. »
Il existe différents courants [au sein du Hamas], et la lutte pour savoir qui dirigera le mouvement fait toujours rage. »
Argument classique : le Hamas ne se bat pas pour défendre les Palestiniens, ce serait une lutte pour le pouvoir. Mais alors, pourquoi s’est-il battu depuis 18 ans pour la tenue d’élections ?
« Un analyste gazaoui :
Les opposants qui, contrairement à Moumen al-Natour et quelques autres, n’ont pas réussi à fuir le territoire, connaissent un sort funeste. « Le Hamas lance notre nom sur une page dédiée sur les réseaux sociaux, qui s’appelle : “Un collaborateur a été arrêté”. Ce qui nous met évidemment en danger », explique l’avocat. Il décrit une machine répressive : « Le mouvement a monté des centres d’interrogatoire dans plusieurs hôpitaux. »
Encore une information pour le chirurgien aveugle que je suis : les hôpitaux de Gaza abritent non seulement des centres de commandement du Hamas, mais aussi des salles de torture !
Justifions donc les bombardements d’hôpitaux.
« Ils y transfèrent les gens arrêtés, les tabassent, et puis soit les jettent dehors avec les os brisés, soit les exécutent en public.
Le Hamas contrôle Gaza, mais uniquement par la force et la peur, reprend l’analyste. Mais il se trouve dans une situation impossible, objectivement parlant. Il n’y a pas de position unique au sein du Hamas à l’heure actuelle. Il existe différents courants, et la lutte pour savoir qui dirigera le mouvement fait toujours rage. »
Divergences stratégiques :
Les résultats des élections de renouvellement du bureau politique et de remplacement de tous ceux qui ont été assassinés devaient être annoncés en février. En cette fin juin, ils n’ont toujours pas été proclamés. Les responsables comme Bassem Naïm attribuent ce délai aux contraintes géographiques et sécuritaires.
Le Hamas possède trois composantes : une partie est implantée dans la bande de Gaza, une autre en Cisjordanie et une troisième dans la diaspora. Ces trois composantes élisent chacune leurs propres dirigeants et désignent une partie de la direction commune ainsi que la haute direction. Cette haute direction exprime la position définitive du Hamas, explique-t-il. En ce moment, il est difficile de prendre contact avec tout le monde, en particulier dans la bande de Gaza. Les précautions de sécurité augmentent beaucoup les délais.
Il assure également que les divergences d’opinions et les discussions sont normales « dans un mouvement démocratique ».
Nombre d’observateurs assurent pourtant qu’une bataille féroce se déroule entre la ligne de Khalil al-Hayya, originaire de Gaza et dirigeant actuel du mouvement, et celle de Khaled Mechaal, qui a tenu le poste de secrétaire général. « Beaucoup de dynamiques régionales jouent également, car les États de la région souhaitent quelqu’un avec qui ils puissent dialoguer,explique l’analyste. Or Khalil al-Hayya est devenu, selon l’évaluation de nombreux gouvernements, quelqu’un avec qui il est difficile de traiter. Son nom est trop étroitement associé aux trois dernières années. Khaled Mechaal, lui, n’était pas au pouvoir. Il est davantage perçu comme une figure politique capable, peut-être, de repenser et de redéfinir l’image du Hamas.
Les responsables du Hamas défendent toujours le 7-Octobre.
Car le projet du mouvement semble s’être arrêté avec le 7-Octobre, que les responsables défendent toujours. Bassem Naïm tient la ligne. Le 7-Octobre n’a pas été une erreur, ni moralement ni stratégiquement. « Je pense que c’était la bonne décision au bon moment », affirme-t-il à Mediapart.
Il décrit l’opération qui a conduit à des massacres et à des prises d’otages de civil·es israéliens.nes et étrangers comme un acte de légitime défense. Il cite le plan Smotrich de 2017 visant à supprimer le mouvement national palestinien et toute possibilité d’État en annexant l’ensemble des territoires palestiniens et affirme qu’il était en marche. Il rappelle le blocus et la tentation d’États arabes de rejoindre les accords d’Abraham.
Pas un mot sur les plus de 70 000 personnes mortes dans la guerre génocidaire, les centaines de milliers de blessé·es, parfois handicapé·es à vie, mais une certitude d’avoir réussi à casser l’image d’Israël et le soutien à l’État hébreu dans le monde entier. »
Signalons toutefois que neuf personnes de la famille proche de Bassem Naïm ont été tuées depuis le 7 octobre (mère, sœur, fils, trois nièces et trois petites nièces) et que le mouvement a présenté ses excuses aux Gazaouis dans une déclaration documentée. L’utilisation de la formule « pas un mot » suggère que Bassem Naïm serait insensible au génocide, c’est tout simplement honteux.
« L’analyste » gazaoui conclue :
« En fait, je pense qu’à Gaza, le Hamas oscille entre deux états d’esprit. La survie, au sens politique et concret, mais aussi une tendance au suicide. Si vous regardez les dirigeants du Hamas qui ont été assassinés récemment, vous remarquerez que beaucoup ont été tués avec leurs familles. Ce qui signifie qu’ils sont sortis de leur cachette et qu’ils sont restés avec leurs familles, sans se cacher. Pour moi, cela indique que certains ont pris conscience qu’il n’y a pas d’issue. Car où pourraient-ils bien aller ? Ils n’ont nulle part où aller, si ce n’est vers la mort. »
Merveilleuse analyse : s’ils ont été tués avec toute leur famille, c’est qu’ils l’ont bien voulu !
Et si cette attitude témoignait d’autre-chose ? Et d’une question : « Pourquoi devrais-je bénéficier d’une sécurité renforcée, alors qu’aucun Gazaoui n’y a droit » ?
Merci, Gwenaelle Lenoir pour cette belle leçon d’humanité et de journalisme.
Christophe Oberlin
