Une cinquantaine de personnes se sont réuni·es dimanche 21 juin au CICP, à l’appel de la Ligue Anti-Impérialiste et de Ka Ubuntu, dans le cadre de la campagne contre les colonies françaises. Depuis plusieurs jours, des graffitis fleurissent sur les murs de France « À bas l’impérialisme français ! » , « La terre ne se prend ni ne se vend » annonçant la couleur d’une unité anti-impérialiste qui organise la riposte contre l’impérialisme français !
La LAI a ouvert les travaux en réaffirmant la logique de l’Histoire : l’impérialisme, tigre de papier, est en crise profonde, et la tendance est à la révolution. La France incarne cette réaction avec une colonisation directe en Corse, à La Réunion, en Kanaky, en Guadeloupe et à Tahiti, couplée à des formes détournées de semi-colonies. Partout, l’État n’a laissé que misère, mais partout aussi la résistance s’organise.
Ka Ubuntu a ensuite démonté le leurre de la départementalisation, présentée comme une intégration mais qui ne fait en réalité que creuser l’écart de pauvreté entre La Réunion et l’Hexagone et permet de maintenir l’île sous domination coloniale. Un discours puissant a résonné sur la nécessité d’unir les peuples en lutte du monde entier notamment sur le continent africain, à travers une unité politique et économique de tout le continent pour briser définitivement l’étau des anciennes puissances coloniales.
La déclaration vidéo du Cumitatu di Ricustruzzione d’u Partitu Cumunistu a dressé un tableau accablant de la Corse. L’île subit une pauvreté extrême et un accaparement des terres par des colons, tandis que l’État français instrumentalise les réseaux mafieux pour y semer la terreur. Face à la résistance, la réponse est judiciaire : harcèlement systématique, arrestations arbitraires qui transforment les militant·es en prisonniers politiques. Les camarades corses ont exigé leur libération immédiate, aux côtés de celle d’Ahmed Sa’adat, secrétaire général du FPLP, emprisonné depuis vingt ans en Palestine occupée, illustrant la solidarité internationale qui doit unir toutes les luttes anti-impérialistes.
La question de la jeunesse a été au cœur des interventions de la Fédération Syndicale Étudiante (FSE) et de la Jeunesse Communiste (JC). Elles ont dénoncé la mesure raciste « Bienvenue en France » comme un symptôme de la crise impérialiste, justifiant une militarisation accrue de l’État qui asphyxie le budget de l’Enseignement supérieur. La JC a pointé l’offensive idéologique mortifère : l’injonction à « accepter de perdre nos enfants » accompagne le développement du Service militaire volontaire, transformant les quartiers populaires en viviers pour l’armée et préparant la jeunesse à la grande guerre impérialiste à venir.
Surtout, cette nouvelle jeunesse a mis en garde contre les écueils du passé, et en particulier contre la trahison du Parti Communiste Français (PCF) pendant la guerre d’Algérie. En dénonçant les manifestations anti-coloniales de 1945, puis en apportant un soutien purement « pacifiste » à la lutte de Libération nationale, le PCF a contribué à la marginalisation de ses camarades du Parti Communiste Algérien (PCA), liquidant toute opportunité de direction prolétarienne sur le Mouvement National. Cette leçon historique est cruciale pour aujourd’hui : les indépendances arrachées ne peuvent conduire à l’émancipation totale des peuples sans direction prolétarienne, appuyée par un mouvement révolutionnaire en métropole en rupture profonde avec les conceptions légalistes et coloniales-chauvines.
Les échanges conclusifs ont permis d’approfondir la distinction entre autonomie, simple rafraîchissement de la dépendance, et indépendance, seule issue émancipatrice. Le Comité de Soutien à la Révolution aux Philippines (CSRP) a alerté sur l’implication française dans la guerre contre-révolutionnaire menée aux Philippines, tandis que la salle a débattu du lien entre luttes économicistes et stratégie globale. La conférence s’est achevée sur une synthèse politique ferme : la révolution socialiste en métropole est indissociable des luttes de libération nationale. C’est le prolétariat, moteur de l’Histoire, qui portera le dernier coup à la Bête en renversant l’Ancien Monde.
Alors que l’assistance reprenait en chœur les slogans historiques « L’Algérie a vaincu, la Kanaky vaincra ; le Vietnam a vaincu, la Réunion vaincra » une certitude s’est imposée : il est fini le temps des colonies !
À bas l’impérialisme !



