Fontaine (38) : Les salariés d’Ambrois Orthopédie en grève

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Mardi 7 juillet, à Fontaine (banlieue de Grenoble), les ouvriers d’Ambrois Orthopédie se sont retrouvés dès 8h du matin devant les locaux de leur entreprise, à l’appel de la CGT Métallurgie. 7 des 8 salariés de l’atelier étaient en grève, et plusieurs soutiens venus de la CGT ou sans appartenance politique étaient également présents.

Ces ouvriers fabriquent au quotidien des appareils orthopédiques (corset siège, verticalisateur, orthèses…), matériels nécessaires pour le confort et l’autonomie des personnes handicapées.

Ambrois Orthopédie appartient au groupe Lagarrigue, basé à Toulouse, et lui même filiale du groupe Eqwal, fournisseur de matériel orthopédique au niveau mondial. Le petit atelier de Fontaine fourni ainsi des appareils sur l’ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Que dénoncent les salariés ?

Aucune élection CSE n’a été organisée dans l’entreprise, et ce malgré les demandes des salariés, ainsi qu’un courrier de l’inspection du travail, rappelant la loi. Sans CSE, les salariés sont dépourvus de représentants du personnels capables de négocier avec leur direction.

Lagarrigue souhaite également sortir l’entreprise de la convention de la métallurgie, afin de n’appliquer que le code du travail. Selon Lagarrigue, l’activité de l’entreprise ne permettrait pas d’être classifiée comme de la métallurgie, alors même que dans le secteur ortho-prothésiste, la métallurgie représente 30% de l’activité. Avec un retour au simple code du travail, les salariés perdraient ainsi un certains nombre d’acquis sociaux.

Dans le même temps, les salariés demandent la reclassification de leurs postes. En effet, la convention collective de la métallurgie, mise à jour en 2024, prévoit une classification des postes et des salaires correspondants, selon les compétences et les tâches effectuées. Aujourd’hui, les salariés de l’atelier d’Ambrois Orthopédie sont classés au niveau le plus bas, payés au SMIC, qui correspond à un travail non qualifié et sous surveillance permanente, soit le travail d’un apprenti. Pourtant, les ouvriers revendiquent un travail qualifié, car ils confectionnent tous les appareils à la main, sans machine, et doivent faire preuve de minutie. Leur travail recouvre ainsi un large champs de compétences : couture, moulage, menuiserie, travail du métal, du plastique…

En septembre, l’entreprise va officiellement fusionner avec l’entité Lagarrigue, et les salariés craignent notamment les clauses facilitant les “‘mouvements internes”, qu’ils perçoivent comme un moyen de faire taire les gêneurs et syndicalistes, qui pourront désormais être mutés à l’autre bout du pays.

De manière générale, les salariés se plaignent du manque de dialogue avec leur direction. Sur place ils n’ont accès qu’à une directrice par intérim et un responsable d’atelier, et leur responsable le plus proche est le directeur régional, situé à Clermont ! Les ouvriers d’Ambrois Orthopédie s’étaient déjà mobilisés en décembre dernier, et depuis, le “dialogue social” est compliqué : la direction s’estime “vexée” quand ils lui reprochent de ne pas respecter la loi (notamment sur l’organisation d’élections), et l’un des responsables nationaux se dit ouvertement contre les syndicats, qui selon lui “empêche de travailler”. À l’annonce du mouvement du 7 juillet, les salariés ont été reçus en visioconférence par la DRH du groupe Lagarrigue, ils ont obtenus des accords oraux, notamment sur les élections CSE. En revanche, concernant la dénonciation de la convention collective de la métallurgie, la direction annonce ne pas vouloir revenir dessus.

Les salariés ont annoncé se laisser le choix de reconduire la grève, et de lutter jusqu’au bout.