Le 19 juillet dernier, des activistes du Comité Populaire d’Entraide et de Solidarité du quartier Delaunay Duclos Fabien (CPES DDF) de Saint-Denis étaient mobilisés pour organiser la fête du CPES dans le square Fabien, situé en plein cœur du quartier entre Duclos, Dourdin et Fabien. Ce sont plus de 200 personnes qui se sont réunies et ont pu participer et profiter de la fête du CPES.
Les préparatifs prennent place aux alentours de 16h. Les membres du CPES ainsi que certains habitants présents dans le parc à ce moment-là se joignent à l’installation dans la bonne humeur. C’est une longue après-midi qui commence.


Dès les premières minutes, les enfants se ruent vers les activités proposées – chamboule tout, atelier peinture et graph, marelle, tire à la corde, création de banderole pour la Palestine, etc.
Pas très loin, enfants et adolescents rejoignent l’initiation à la boxe proposé par le DDF Boxing club, un club de boxe récemment crée et qui propose du sport populaire dans le quartier, gratuit et ouvert à tous pour tous les niveaux, conjointement organisé avec le Racoon Kai Boxing club et la Jeunesse Communiste.


De l’autre côté du parc ombragé se tient une table ronde dont le mot d’ordre n’est autre que « Notre force c’est le collectif ». Les CPES veulent rassembler, organiser la solidarité, mais avant tout être un outil politique mobilisant et organisant les habitants. Il était donc logique et important pour les membres de marquer la fête du CPES par une table ronde rassemblant plusieurs quartiers en lutte.

A la table des invités, on retrouve un membre du comité du foyer Siqueiros, dont les habitants mènent une lutte combative depuis le 29 janvier dernier contre l’expulsion de 1000 travailleurs par CDC Adoma, deux membres du CPES DDF habitantes de Duclos, venues présenter les luttes menées cette année, et la représentante de la nouvelle amicale de Gaston Dourdin, présente pour expliquer leur lutte contre le bailleur Logirep.
La nouvelle amicale de Dourdin explique : « nous on s’est crée suite à une réhabilitation dont on a bénéficié mais suite à cette réhabilitation on s’est rendu compte des malfaçons des travaux, les travaux ont rendu les appartements pour certains insalubres avec beaucoup d’humidité, de champignons etc. On nous a également changé les ascenseurs mais des ascenseurs qui sont constamment en panne aujourd’hui. Actuellement on est en lutte contre bailleur Logirep qui souhaite fermer le rez-de-jardin, le seul lieu de vie qu’on a au centre de Gaston Dourdin, on a les enfants qui jouent, les mamans qui se retrouvent en bas, les personnes handicapées et isolés qui restent là parce qu’ils voient du monde. »
Pour le CPES cette fête est également l’occasion de rappeler l’importance de créer du lien entre habitants, entre organisations du quartier, l’occasion de célébrer les histoires de ces quartiers ; les luttes passées et à venir, ramener de la vie dans le quartier et développer la conscience de classe des quartiers populaires que l’État tente activement de faire oublier. Le projet de fermeture de la dalle de Dourdin est un bon exemple du projet général de l’État qui cherche à briser les liens profonds des masses qui vivent et s’organisent ensemble : en fermant la dalle, on ferme le dernier lieu de vie du quartier, un lieu où les habitants se retrouvent, on cherche à les isoler, on empêche les habitants de discuter, de se retrouver, de se rencontrer, de s’organiser politiquement et de lutter ensemble.

« Nous on est toujours dans la lutte, et on a besoin de soutien, il faut que tout le monde participe, on ne dit pas d’être là tous les jours mais au moins une fois dans le mois, où une fois quand vous ne travaillez pas quand vous voyez les affiches il faut venir parce que notre force c’est le collectif » rappelle une habitante et membre du CPES de Duclos.
Après une présentation de chacun des intervenants on assiste a une discussion sur des luttes passées et les nouveaux chantiers qui s’ouvrent aux différentes organisations pour travailler ensemble. Ce qui ressort, c’est que partout, peu importe le quartier, peu importe le bailleur et peu importe la mairie, les problèmes sont les mêmes et qu’il faut s’unir pour être encore plus fort et mener des luttes victorieuses, parce que seul le peuple sauve le peuple.
« Cette table ronde ça donne énormément d’espoir, on voit qu’on a des problèmes similaires partout et qu’on est nombreux à lutter, et il faut pouvoir lutter tous ensemble » déclare le CPES.
Dans le même temps, à l’arrière de la table ronde, des tables se sont installées, tenues par plusieurs organisations et associations : le Comité Syndical de Résidence (CSR) de l’Hermitage, la Jeunesse Communiste, la nouvelle amicale de Gaston Dourdin, une table de la Ligue Anti-Impérialiste et une table de dons et d’échanges. Ces tables ont été bien accueillies par les enfants comme les adultes qui ont pris part aux ateliers proposés, allant des ateliers perles sur les luttes à l’écriture de lettres aux prisonniers palestiniens en passant par des photos de soutien à Ahmad Saadat.


En parallèle, sur le City-stade du Square Fabien se déroule la finale du tournoi de foot organisé par l’association de l’Echo des sans mots, de quoi galvaniser petits et grands en attendant la projection du match de la finale de la Coupe du Monde, qui ponctuera cette journée.
Le barbecue est lancé et tout le monde se retrouve pour partager un dernier repas dans la convivialité et la bonne humeur. Les habitants discutent, mangent, partagent leurs problèmes et leurs idées et fêtent ensemble. Les enfants proposent aussi leurs idées pour cet été, allant de sortie à la médiathèque ou les sorties piscine pendant la canicule et les ateliers qu’ils souhaitent faire sur la suite de l’été et de l’année.

Les activités, la table ronde et le barbecue auront permis de développer des discussions avec petits et grand, de présenter le Comité et de renforcer les liens avec les habitants et entre les différents quartiers de DDF. Cette fête est une belle réussite pour les activistes du CPES qui ont rassembler plus de 200 personnes autour d’un événement convivial et empreint de luttes. Cette journée se terminera la nuit tombée pleine de belles perspectives et de luttes à venir.
