L’État turc, dont l’histoire est jalonnée de massacres, d’exécutions, de tortures, d’exils, de répressions et de violations des droits humains, poursuit sa politique de surveillance, de pression et d’intimidation à l’encontre des opposants, des démocrates, des révolutionnaires, des communistes et des organisations démocratiques, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
Au-delà de ses frontières, l’État turc poursuit cette politique en cherchant à maintenir sous surveillance et sous pression les révolutionnaires, les socialistes, les communistes, les intellectuels et les exilés politiques, notamment en recourant à des demandes adressées à Interpol.
En raison de ces démarches, de nombreuses personnes vivant dans des pays européens sont arrêtées, voient leur liberté de circulation restreinte et sont contraintes de vivre sous la menace d’une extradition.
Même les personnes ayant obtenu le statut de réfugié politique dans des pays européens, voire celles ayant acquis la nationalité de leur pays de résidence, peuvent être prises pour cible par les politiques de surveillance transnationale menées par l’État turc par l’intermédiaire d’Interpol. La criminalisation des opinions et des activités politiques par le recours aux mécanismes internationaux de police est inacceptable. Ces pratiques sont contraires aux droits humains fondamentaux et aux libertés et remettent également en cause des droits démocratiques essentiels, notamment le droit à l’asile politique.
Le 17 août 2026, alors qu’il se trouvait en Italie, notre camarade et compagnon de lutte Deniz Pektaş a été arrêté par la police italienne, au motif qu’il faisait l’objet d’une demande des autorités turques et d’un signalement d’Interpol. Deniz Pektaş est depuis lors détenu à la prison d’Ancône et privé de liberté.
Deniz Pektaş est une personnalité révolutionnaire et communiste connue depuis de nombreuses années en Europe pour ses activités politiques. Il a dénoncé le système fasciste et répressif en Turquie, les massacres commis contre la population et les violations des droits humains. Il a activement participé aux manifestations, aux actions démocratiques et aux activités politiques menées contre ces pratiques. En raison de son identité et de ses activités politiques, il fait depuis de nombreuses années l’objet de la surveillance et de la répression de l’État turc.
Deniz Pektaş fait partie des personnes arrêtées et emprisonnées en 2015 en Allemagne dans le cadre d’une opération menée contre dix révolutionnaires et communistes à l’initiative de l’État turc. Dans le cadre du procès du TKP/ML qui s’est tenu à Munich, il a été condamné à cinq ans d’emprisonnement et a passé plus de quatre années en prison.
Aujourd’hui, Deniz Pektaş est une nouvelle fois privé de sa liberté à la suite de démarches menées dans le cadre des politiques répressives de l’État turc et du gouvernement de Tayyip Erdoğan.
Deniz Pektaş participe, conformément à ses convictions révolutionnaires, à une lutte pour une société dans laquelle les ouvriers, les classes laborieuses, les peuples et les nations puissent vivre dans l’égalité, la liberté et l’indépendance. Les raisons fondamentales pour lesquelles il est pris pour cible résident dans ses convictions politiques, son identité révolutionnaire et sa pratique militante. Il est inacceptable que Deniz Pektaş soit à nouveau arrêté et emprisonné en raison de ses convictions et activités politiques et qu’il soit confronté à la menace d’une extradition vers l’État turc.
Les pays européens et l’Italie ont la responsabilité de garantir la liberté de pensée et d’expression, les droits humains fondamentaux, les droits démocratiques ainsi que la protection des personnes persécutées en raison de leurs opinions politiques. L’Italie ne doit pas devenir l’instrument des initiatives de répression transnationale et de persécution politique de l’État turc.
Nous appelons le gouvernement italien, le ministère de la Justice et les autorités italiennes compétentes à rejeter la demande d’extradition de Deniz Pektaş formulée par l’État turc et à libérer immédiatement Deniz Pektaş.
Les convictions et les activités politiques ne sont pas des crimes !
Il faut mettre fin aux politiques de répression et de surveillance transnationales de l’État turc !
Liberté pour Deniz Pektaş !
Fin aux persécutions politiques et aux menaces d’extradition !
Organisations signataires de la déclaration :
Union des travailleurs immigrés d’Europe (AGEB), Confédération des peuples démocratiques d’Europe (ADHK), Fédération de la jeunesse ouvrière de Turquie en Autriche (ATIGF), Assemblée des exilés d’Europe (ASM), Confédération des peuples démocratiques d’Europe (AVEG-KON), Ligue anti-impérialiste (AIL), Plateforme Unité des travailleurs, fraternité des peuples (BİR-KAR), Fédération des travailleurs de Turquie en Suisse (ITIF)
Collectif mauve-rouge (Mor Kızıl Kolektif), Parti de la refondation socialiste (SYKP), Plateforme La Voix des prisonniers (TSP), La Jeunesse Communiste (JC), La Fédération Syndicale Étudiante (FSE)
