Cet été, des canicules très intenses ont frappé la France à plusieurs reprises, et les températures ont dépassé les 40 °C. Dans les quartiers populaires, la chaleur est particulièrement cruelle. Cet épisode signale pour les Comité Populaire d’Entraide et de Solidarité (CPES) l’urgence de s’organiser collectivement plutôt que d’attendre des réponses d’en haut.
Selon Santé Publique France, l’épisode de l’été 2026 a causé plus de 2 000 décès anormaux dans le pays, dont 62 % en Île-de-France. La canicule a frappé très inégalement. Appartements surchauffés, transports bondés non climatisés, chantiers extérieurs sans protection… Pendant que les bourgeois passaient l’été en vacances ou au frais, les prolétaires, eux, ont continué à travailler dans les conditions extrêmes.
Dans les quartiers du 93, la chaleur est difficilement supportable : les logements sont mal isolés, il n’y a pas de volets aux fenêtres, les ascenseurs sont en panne. Les nouvelles municipalités dites « de gauche », malgré leurs discours, n’ont rien fait de concret pour ces quartiers. La bailleur Plaine Commune Habitat, dont le président est l’insoumis Bagayoko, a même choisi, en pleine canicule, de rappeler qu’ouvrir une bouche d’incendie est passible de 45 000 € d’amende et de trois ans de prison ! Pas la moindre proposition d’alternatives pour ces jeunes qui, pour se rafraîchir, ouvraient les bouches d’incendie : pas de constructions de fontaines pour boire, et encore moins des travaux d’isolation chez les habitants. Aucune réponse à la lutte menée par le CPES depuis des mois sur les ascenseurs en panne.
Sans attendre l’(in)action des institutionnels, le CPES s’est mobilisé dans le quartier de Vallès-La Frette pour organiser la solidarité entre habitants. Plusieurs fois par semaine, des tables de vigilance face à la canicule ont été tenues pour prendre des nouvelles des gens et distribuer gratuitement eau et pastèques. Les militants du CPES, aidés par les enfants du quartier, sont allés de porte en porte, installant des couvertures de survie aux fenêtres et appliquant du blanc de Meudon pour limiter l’entrée des rayons du soleil. Cette présence de terrain a permis de développer l’entraide entre habitants au quotidien : courses portées, aide dans les escaliers pour les personnes âgées, petits services rendus. Malgré la chaleur, le quartier a vécu au rythme des animations organisées par le CPES : projections en plein air de films politiques et de foot, matchs de sport sur le city-stade, sorties collectives à la piscine pour les enfants à la demande des mamans débordées par le travail.


Les politiciens « socialistes », qui siègent en coalition avec la FI à Aubervilliers, ont organisé une réunion avec les habitants au sujet de la canicule. Quand ceux-ci ont critiqué la situation et le manque d’action des pouvoirs publics, on leur a rétorqué : « Nous ne pouvons rien pour vous, vous n’avez qu’à vous organiser entre vous pour mettre des couvertures de survie et du blanc de Meudon sur les fenêtres ! » Un militant du CPES s’est alors levé, avec à la main un grand sac plein de couvertures de survies : « On ne vous a pas attendus pour organiser la solidarité entre nous, on le fait déjà tout ça ! Ce qu’on veut c’est que la mairie et le bailleur prennent des mesures concrètes ! Cela fait des mois que nous luttons pour avoir des rénovations sérieuses sur les ascenseurs, à Vallès nous avons des bâtiments de 17 étages avec des personnes âgées prisonnières chez elles en pleine canicule car les ascenseurs ne marchent pas, c’est extrêmement dangereux ! » Aucun engagement n’a été pris par ces élus « de gauche », « issus des quartiers populaires » qui pourtant voudraient nous vendre l’idée que voter pour eux sert à quelque chose.
Pour le CPES, ces initiatives de solidarité apportent un soulagement réel mais temporaire, et surtout palliatif, en l’absence de mesures concrètes. Ils permettent l’organisation autour d’une ligne de classe face aux inégalités et à l’abandon de nos quartiers. Le principe porté est simple : les travailleurs sont capables de résoudre toutes les difficultés quand ils s’organisent, quand ils sont solidaires et déterminés à gagner.
