Lyon : à la suite de la Seine Saint-Denis, la jeunesse se soulève dans les lycées

· · ·

Dans les lycées comme sur les campus, les revendications portent sur les conditions matérielles d’étude et de vie, l’accès à l’éducation et l’avenir des jeunes. Un grand mouvement pour la dignité s’annonce, et Lyon n’est pas en reste. Mardi 29 septembre, plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Lyon à l’appel de différents secteurs du service public. Dès le matin, des étudiants et des lycéens se sont mobilisés dans plusieurs établissements, avec des revendications portant sur les conditions d’études et de vie, le manque d’enseignants et les classes surchargées.

La mobilisation a commencé tôt. Dès 6 heures du matin, un blocus a été installé sur le campus Porte des Alpes de l’Université Lyon 2. Contre la loi raciste Bienvenue en France, les coupes budgétaires et en soutien aux travailleurs en grève, les étudiants mobilisés ont bloqué les différentes entrées du campus avec succès, entraînant sa fermeture pour la journée.

Dans les lycées, le mouvement s’est également étendu, suite à la mobilisation des lycéens d’ Île de France qui donnaient déjà l’exemple depuis quelques jours. Une quinzaine d’établissements de Lyon, Vénissieux et Villeurbanne ont été concernés par des blocages, parmi lesquels les lycées Saint-Exupéry, La Martinière-Diderot, La Martinière Duchère, Auguste et Louis Lumière, Mérieux, La Martinière Monplaisir, Saint-Just, Jean Perrin, Récamier, Condorcet, Blaise Pascal, Jean-Paul Sartre et Jacques Brel à Vénissieux, ainsi que Brossolette et Frédéric Fays à Villeurbanne.

« De l’argent pour les lycées, pas pour la guerre »

A travers les blocages, les lycéens mettent en avant plusieurs revendications. Ils dénoncent notamment les classes surchargées, le manque de professeurs et la dégradation des conditions d’études. Ils pointent également l’état de certains bâtiments et du matériel pédagogique ainsi que les emplois du temps trop lourds et inadaptés.

La question de la sélection dans l’enseignement supérieur et de Parcoursup fait également partie des revendications principales : comment s’assurer un avenir digne alors que le droit à l’enseignement n’est même plus accessible ?

Au Lycée Lumière, les lycéens et la Jeunesse Communiste étaient mobilisés et ont scandé des slogans condamnant l’économie de guerre en préparation aux dépens de l’éducation de la jeunesse prolétaire, ainsi que des slogans anti-impérialistes et en soutien à la Palestine. Des chants de soutien aux Gilets Jaunes ont également été scandés. Parmi les mots d’ordre repris dans la mobilisation : « De l’argent pour les lycées, pas pour la guerre ».

La matinée a également été marquée par une forte réponse policière sur presque tous les lycées, particulièrement ceux des quartiers prolétaires. À Vénissieux, mais aussi aux abords du lycée Lumière à Lyon 8 et du lycée Brossolette à Villeurbanne, des lycéens mobilisés ont fait état de charges et de tirs de gaz lacrymogène, mais aussi pour Vénissieux d’arrestations violentes des jeunes prolétaires révoltés. A la fin de la journée, on retient que 75 lycéens ont été arrêtés pour s’être mobilisés. Au cours de la mobilisation, un rassemblement de soutien aux interpellés a été organisé devant le commissariat central de Lyon 8.

Malgré cette forte répression, la détermination de la jeunesse prolétaire n’a pas failli et de nombreux blocages se sont maintenus pendant une grande partie de la matinée. Le mouvement gagne également en combativité. En fin de journée, c’est à Vaulx-en-Velin que les lycéens ont incendié la porte d’un commissariat. A Jacques Brel, les lycéens se sont massés par centaines face à une légion de CRS, dont plusieurs ont fait preuve d’une brutalité féroce. On a l’exemple, comme dans toute la France, des courageux gardiens de la paix s’acharnant sur une jeune fille en lui fracassant la tête contre la vitre d’un arrêt de tramway, le tout sous les yeux du maire opportuniste LFI Idir Boumertit qui a évidemment appelé au calme.

Lycéens, étudiants et travailleurs dans la rue

À 10h30, les jeunes mobilisés ont rejoint les travailleurs en grève à la Manufacture des Tabacs, point de départ de la manifestation appelée par plusieurs secteurs de la fonction publique.

Transports TCL, pompiers, CROUS et autres services publics figuraient parmi les secteurs appelés à la grève. Les manifestants ont notamment défilé autour des revendications salariales, de la lutte contre la vie chère et des prix du carburant. Autour de 8 000 personnes ont été comptées dans les rues de Lyon.