La tension dans le pays est extrême depuis des mois, elle est le résultat d’un long processus, qui a vu s’enchaîner de nombreux mouvements populaires de plus en plus radicalisés. L’impérialisme français en crise écrase de tout son poids le prolétariat et les classes populaires, et les pousse inexorablement vers la Révolution. La tendance à la révolution est principale mais comme contradiction la tendance au fascisme ne peut que se développer dans ces moments historiques. Depuis les Gilets Jaunes en 2018, les révoltes se sont profondément politisées : à chaque fois la question politique, la question du pouvoir, resurgit. Face à un régime malade totalement soumis à la puissance du capital, la question de classe revient au cœur du débat.
La friction entre le prolétariat et la bourgeoisie, longtemps étouffée par le chloroforme de la consommation, réapparaît avec d’autant plus de force qu’elle avait été niée jusqu’à l’os. La vérité apparaît d’autant plus cruelle aux yeux des masses que tout n’a été que mensonge depuis 40 ans. Le Prolétariat existe, la classe moyenne n’est pas une classe, le Parlement ne sert à rien, le Gouvernement gouverne à coup de décrets, les politiques sont des voleurs, le Président est un Monarque élu qui ne répond devant personne, et plus que jamais toutes politiques se développent au service d’une minorité bien plus riche et puissante que l’antique Noblesse. En un mot, la démocratie bourgeoise n’est qu’un mensonge ; elle est par contre une vraie dictature au service de la minorité d’exploiteurs.
La situation est donc d’une extrême instabilité dans le pays et nécessite que les masses populaires bloquent l’offensive de la bourgeoisie. Le Macronisme en fin de règne est clairement propice à cela.
Ce sont avant tout des mouvements populaires sectorisés qui s’enchaînent. Il y a les plus visibles : les pompiers, les agriculteurs, les lycéens ; mais aussi tous ceux dont le monopole médiatique tait l’ampleur, principalement les grèves qui se multiplient dans l’industrie. La situation est simple : il y a une paupérisation d’une grande partie du pays, qui voit son salaire réel diminué sous le coup de l’inflation directement liée aux guerres d’agression menées par l’impérialisme, comme en Ukraine ou en Iran.
C’est le fond de la tendance à la révolution qui monte depuis des mois ; la forme, c’est le Macronisme en pourrissement avancé qui, par sa politique de restructuration de l’impérialisme français, a déstructuré la société en profondeur à coup de réformes anti-peuple. La restructuration à marche forcée du vieux système bourgeois entraîne un processus de réactionnarisation dont la forme la plus visible est le traitement de tous les mouvements populaires à coup de tonfas, de grenades, de gaz, d’emprisonnements systématique, de dissolutions d’organisations, de procès politique, de mutilations et de morts par dizaines, touchant particulièrement le prolétariat le plus opprimé et toutes les dissidences. C’est une véritable guerre contre les classes populaires qui se développe, politique qui ne vise que la tentative de conjurer le développement de la lutte des classes.
La tendance à la Révolution s’exprime principalement aujourd’hui à travers l’Histoire de la lutte des classes nationale, dont la grande référence reste et demeure la Grande Révolution Bourgeoise de 1789. Avec toutes les limites de son caractère bourgeois, la Révolution française convoque « le Peuple », la majorité, à assumer par la violence révolutionnaire le renversement de l’ordre établi. L’appel récent à prendre la Bastille, les guillotines, Marianne, la Marseillaise chant de combat développant tout son potentiel révolutionnaire face aux flics, viennent se confronter à la dépolitisation des symboles nationaux par la vieille et pourrie République des Nantis. C’est avec un signifiant révolutionnaire historique que certains convoquent le Peuple le 17 octobre pour en finir avec l’Époque contemporaine. L’Époque contemporaine c’est le règne de la Bourgeoisie triomphante, elle se fermera avec la Révolution socialiste mondiale, voilà la profonde vérité de notre Époque.
Le 17 octobre doit continuer à accentuer la crise de ce vieux régime pourri et anti-peuple. Les masses populaires n’ont jamais été autant rompues à l’exercice « du trouble à l’ordre public » : l’année 2023, avec le Grand Soulèvement de Juin, a montré que la stratégie de la guérilla, dont l’essence est le mouvement, est la seule façon de mettre en échec la technique française du « maintien de l’ordre ». La hantise du pouvoir est la perte du contrôle du « maintien de l’ordre » et le retour de la rue au Peuple. Le Mouvement Septembriste, avec toutes ses limites, a montré qu’avec plus de monde le régime se serait retrouvé dans une situation catastrophique : tous les flics de France et de Navarre étaient mobilisés, ils n’avaient plus de réserve. Le Mouvement lycéen actuel montre l’immense faiblesse de tout ces détachements d’hommes en arme qui, par leurs actions de représailles sur le Peuple, se coupent toujours plus de la société. En 2018, la répression tous azimuts avait réussi son pari, mais l’époque n’est plus la même. Des millions de français ne peuvent plus se permettre que leur vie continue à s’effondrer sans rien faire.
La stratégie du 17 octobre doit être à la saturation : nous avons le nombre, la mobilité, la détermination et l’Histoire de notre côté. Bloquer tous azimuts le flux des hommes et des marchandises, paralyser le dispositif policier lourd et relativement statique par la légèreté du mouvement des groupes insurgés, recommencer sans cesse, sans fatigue ; voilà le chemin d’un 17 octobre, qui à défaut d’être Octobre 17, sera un nouveau pas vers la Révolution Socialiste. Le feu retrouve ses lettres de noblesse et fait trembler la bourgeoisie, les Pétroleuses font leur grand retour et c’est tant mieux. C’est par le feu que le Peuple a mis à bas le vieux système féodal, en brûlant les Châteaux et les archives seigneuriales renfermant les actes légitimant l’odieuse domination. Le feu à chaque moment historique est l’expression des justes revendications des Peuples.
Il est clair que nous ne savons pas ce qu’il va se passer le 17 octobre ; peut-être les choses ne seront-elles pas à la hauteur des attentes, mais peu importe : cela sera, quoi qu’il arrive, un nouveau développement de la lutte des classes en France. Les classes dominantes et leurs sous-fifres politiciens espèrent que les élections présidentielles vont stabiliser enfin la France après le règne de Macron, mais tout indique que cela sera le contraire. Il est donc nécessaire que tous ceux qui ne veulent plus de ce monde transforment ce moment de légitimation de l’injustice, de l’inégalité, de la corruption, de la privation des libertés – en un mot de la dictature de la classe bourgeoise – en un nouveau développement de l’instabilité. Les élections dans le cadre bourgeois ne sont que des dispositifs versaillais, sous la Ve République elles ne sont qu’une légitimation du Coup d’État permanent, contre les aspirations légitimes à la Liberté, à l’Égalité, à la Fraternité.
Le 17 octobre 2026, développons en puissance la lutte pour la dignité portée par le mouvement lycéen et son Avant-garde, la jeunesse prolétarienne. Organisons-nous à la campagne, dans les villes, dans les quartiers, à l’usine, et partout où frémit la flamme de la révolte avec un seul mot d’ordre : BLOQUONS TOUT. L’heure est à la révolte, elle est juste, elle est la dignité du réel. Allons jusqu’au bout pour faire tomber l’ignoble Roi Macron, sa marionnette Lecornu et ajourner la mascarade électorale.
