Le 19 juin 1986, le gouvernement réactionnaire péruvien en crise de García Pérez ordonne le massacre des prisonniers de guerre du Parti Communiste du Pérou, alors que la situation révolutionnaire du pays ne fait que s’accentuer depuis l’Initiation de la lutte armée. Dans 3 prisons différentes, El Frontón, Callao, et Lurigancho, plus de 300 Communistes sont exécutés par l’armée après une résistance acharnée de plusieurs jours. Depuis ce jour, l’héroïque résistance des prisonniers communistes est célébrée tous les 19 juin par les révolutionnaires du monde entier. Une règle à laquelle ne déroge pas la France cette année encore.
Dans notre précédent article dédié aux Héros du Prolétariat, nous expliquions que les héros de notre classe sont ceux qui ont su dédié leur vie au service de l’émancipation du genre humain, au service de l’internationalisme et des masses travailleuses du monde entier. Ce sont ces hommes et ces femmes de tous les pays et de toutes les époques qui ont troqué l’individualisme bourgeois, la gloriole personnelle et les honneurs pour mettre toute leur force et toute leur énergie pour la grande idée, celle du Communisme toujours aussi lumineux.
Le degré le plus haut de ce sacrifice, c’est la mort au combat, la mort pour la Révolution socialiste. Dans tous les pays, nous avons des légions de Communistes qui se sont battus et qui ont résistés jusqu’au bout sans faillir. En France, les exemples lumineux de la Résistance communiste, comme Danielle Casanova, Missak Manouchian, Guy Môquet ou encore le Colonel Fabien nous ont montré comment meurt un Communiste : la tête haute, sans regrets et avec la certitude de rester à tout jamais dans la mémoire du peuple. Mieux encore, malgré les difficultés, la peur et les humiliations, aucun n’a jamais hissé le drapeau blanc de la capitulation.
Encore aujourd’hui, les réactionnaires du monde entier savent qu’il est impossible de tuer un Communiste, car son sang ne fera qu’irriguer davantage le flot inarrêtable de la guerre de classe qui mettra un terme définitif au règne de l’exploitation de l’homme par l’homme.
Voilà le sens du Jour de l’Héroïsme. En 1986, la Guerre Populaire au Pérou connaissait une progression remarquable contre le vieil État. Dans presque toutes les provinces du pays, le Parti Communiste du Pérou hissait le drapeau rouge, organisait les paysans et expropriait les propriétaires terriens. Grâce à une planification remarquable, le Parti avait su anticipé les principaux mouvements répressifs de l’État et étaient prêts à faire basculer le pays dans la période de l’Équilibre Stratégique, période où la puissance de l’armée révolutionnaire est plus ou moins égale avec celle de l’ancien État. L’intervention des forces armées en 1982 avaient augmenté le niveau d’intensité de la guerre révolutionnaire dans les campagnes, et le Parti avait su vite démontré qu’il ne serait pas une noix si facile à faire éclater pour les réactionnaires. En 1986, le changement de président à la tête de l’État, incarné par le fasciste García Pérez intensifie le mouvement de répression de la révolution, avec l’approfondissement de la tactique du génocide anti-peuple. C’est au cours de cette campagne que les fascistes de Lima tournèrent leur regard vers les prisonniers du Parti et de l’Armée Populaire de Guérilla, le 19 juin 1986.
La situation dans les prisons péruviennes de Callao, Lurigancho et d’El Frontón étaient d’une gravité immense. Piégés entre les murs de béton et désarmés, les 300 Communistes du PCP ont pourtant fait leur devoir, qui est celui de chaque révolutionnaire enfermé : transformer ces sordides abattoirs en tranchées lumineuses de combat et continuer à brandir bien haut le drapeau de la Révolution socialiste. Et pendant trois jours, c’est ce qu’ils firent. Certains fabriquèrent des armes de fortune et élaborèrent des pièges pour ralentir la progression de l’armée péruvienne. D’autres érigèrent des barricades et des blockhaus de fortune avec du ciment. Mais aucun ne capitula, et ce qui devait être un massacre vite expédié, où les bouchers du régime avaient reçu carte blanche, se transforma en une bataille sans merci de plusieurs jours et en un échec politique cuisant pour García Pérez et son régime fasciste. Sur l’île prison d’El Frontón, où étaient parqués exclusivement les prisonniers du PCP, les Communistes ont fait preuve d’une résistance acharnée face à la marine péruvienne, qui avait reçu pour ordre du gouvernement de ne faire aucun cas des droits de l’homme. C’est au sein de cette prison que le Parti s’était illustré dans sa résilience, en se réappropriant les lieux au nez et à la barbe de l’État, le transformant en lieu d’auto-organisation et de formation politique, illustrant le principe du PCP selon lequel : « Un prisonnier de guerre est un combattant de tranchée ». C’est ce statut particulier de cette prison dans le contexte de la Guerre Populaire au Pérou qui explique le haut degré de violence réactionnaire concentrée contre ses prisonniers. En effet, c’est aussi au sein de cette prison que 135 Communistes furent assassinés, certains au combat, d’autres exécutés sommairement en toute impunité par l’ancien État, les immortalisant à jamais dans le cœur du peuple.
6 ans plus tard, le Président Gonzalo ne fit pas autre chose que ces héroïques combattants, et transforma une piètre tactique d’humiliation publique en une tranchée de combat sous les yeux du monde entier par son « Discours de la Cage ». Pour citer l’un de ces prisonniers :
« Il existe une logique propre aux réactionnaires : semer le trouble et échouer jusqu’à leur ruine définitive. Le peuple a lui aussi sa loi : lutter, échouer, lutter à nouveau, et nous pouvons échouer encore. Nous lutterons encore jusqu’à remporter la victoire finale qui nous appelle. Le sang versé est un étendard qui mobilise tout le peuple pour atteindre ce à quoi nous aspirons tant, le pouvoir. Être condamné à gagner est une belle condamnation. Nous sommes nés pour gagner. C’est déjà une grande réalité. Ils peuvent nous réduire en mille morceaux, mais ils ne peuvent briser notre moral communiste. »
Un combattant de l’Armée Populaire de Guérilla,
19 juin 1986, Jour de l’Héroïsme

En France, la barbarie fasciste a eu beau tenté de traîner nos Héros dans la boue, ils n’ont fait que graver à tout jamais leur image dans la mémoire du peuple, et à précipiter leur ruine. Danielle Casanova, entrée dans le sinistre camp d’Auschwitz en chantant, en est une preuve lumineuse, de même que pour tous les fusillés. En Inde, les Camarades tombés face aux balles des fascistes, comme le Camarade Basavaraj, le Camarade Madvi Hidma ou encore la Camarade Rupi, sont tombés en Communistes. Contrairement aux liquidateurs actuels tentant de détruire la lutte armée au sein du Parti, ils ont assumé le chemin révolutionnaire jusqu’au bout sans renier les principes et sont devenus de lumineux exemples pour les révolutionnaires du monde. En Turquie, la mort d’Ibrahim Kaypakkaya et de tant de Héros de la Révolution n’ont fait qu’illustrer la vérité immuable qu’un Communiste n’a pas peur de la mort, et qu’il ne divulgue jamais ses secrets, de même qu’aux Philippines, les massacres opérés par l’État philippin contre les masses et leur avant-garde combattante de la NPA ne suffiront jamais à tarir le déluge révolutionnaire.
C’est pour honorer la mémoire de tous ces Héros que chaque année, les révolutionnaires de France honorent le Jour de l’Héroïsme, souvenir impérissable que nos Héros sont immortels, et qu’ils n’appartient qu’à la nouvelle génération de révolutionnaires de suivre leur exemple et de repartir à l’assaut du ciel.






