250 ouvriers et syndicalistes rassemblés dans la vallée de la Chimie contre le Capital

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Ce jeudi 25 juin, une journée d’action et de grève était organisée par la Fédération Nationale des Industries Chimiques de la CGT (FNIC-CGT) contre la casse de l’industrie. Une mobilisation avait lieu en même temps dans le bassin ouvrier du Nord, à Dunkerque, ainsi qu’à Lyon dans la vallée de la Chimie où nos correspondants ouvriers étaient présents.

A Lyon, les actions ont commencé très tôt ce matin avec une trentaine de camarades mobilisés dès cinq heures du matin devant plusieurs entrées de la gigantesque usine Sanofi Pasteur, qui emploie quelques 5 000 salariés. Une délégation du Collectif Jeunes de la FNIC-CGT venue de toute la France était sur place pour appuyer la mobilisation. L’objectif : discuter avec les travailleurs et travailleurs au changement d’équipe du matin et distribuer des tracts, rappelant notamment le rôle de la jeunesse ouvrière dans les changements sociaux.

Par la suite et sans transition, direction l’usine du monopole de la Chimie KEM ONE, où s’installent dès 09H00 les premiers camarades, qui posent les barnums et préparent le rassemblement appelé à 10H00 par la fédération et le syndicat actif dans l’entreprise. Petit à petit, la foule se rassemble, pleine de gilets rouges et de gueules souriantes venues de partout.

Ce rassemblement contre la casse de l’industrie est aussi une action forte contre la casse organisée des bastions d’une partie la plus organisée de la classe ouvrière dans notre pays, notamment les industries chimiques où la tradition de la lutte de classe et combative a toujours été tenue bien haut. Nous avons pu voir notamment des camarades travaillant chez MICHELIN, CONTINENTAL, AIR LIQUIDE, ARKEMA, KEM ONE bien sûr, BIOMERIEUX, BOEHRINGER, SANOFI, SYENSQO, TREDI, NAPHTA CHIMIE, TRELLEBORG, TOTAL et de plusieurs usines alentours. Ce n’est pas seulement la Chimie qui était représentée, mais aussi des camarades du Syndicat du livre parisien, des Finances Publiques, de l’Union Locale CGT de Vénissieux, de l’Union Départementale CGT du 69, ainsi que de la Fédération CGT du textile par exemple. Preuve d’une mobilisation interprofessionnelle de qualité, par delà les limites de l’entreprise.

L’ambiance était festive et combative avec plusieurs prises de paroles de dirigeants syndicaux, appelant à la lutte sans concession contre le Capital dans les usines et tous les lieux de travail. Nous ne pouvons que noter la piètre intervention d’une députée France Insoumise, qui pendant de (très) longues minutes a tenu à expliquer aux ouvriers « comment fonctionne le système », avec « la finance qui dirige », comme si nous étions trop idiots pour cela. Le fond, c’était de dire qu’il y a une « bonne finance » et une « mauvaise finance » – c’est-à-dire les « fonds vautours » que nous ne connaissons que trop bien, parce qu’ils ont sabordé beaucoup de nos emplois. Mais il n’y a pas de « bonne finance », de bon capitaliste, même s’il est bien Français et non américain, même celui qui fait du social. Quoi qu’il en soit, ils exploitent des salariés, partout dans le monde et notamment dans le tiers-monde, pour en extraire des profits faramineux. Le comble, c’est que ces « bons capitalistes français » seront les premiers à nous envoyer à nouveau dans une guerre sanglante quand ils en auront besoin. Nous ne commenterons pas plus le ton et les termes employés, comme par exemple « restez à votre place, dans vos luttes », tandis que nos grands sauveurs vont « gérer les affaires à l’assemblée et essayer de gagner ».

Face à cela, il faut que les ouvriers conscients continuent de porter haut le mot d’ordre historique du Mouvement Ouvrier en France, établi par Karl Marx : « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ». Seule l’organisation de la base à la direction en vue de mener la lutte de classe permettra d’en finir avec tous les problèmes que nous connaissons quotidiennement. C’était d’ailleurs un des principaux sujets de discussions partout dans le rassemblement, notamment à la suite du 54e Congrès des Syndicats CGT qui a montré clairement cette question. Nous conseillons d’ailleurs à nos lecteurs de lire la contribution faite par Unité CGT sur la question, ainsi que la tribune suivante :

La fin de journée n’était pas en reste, avec une soirée barbecue, musique et jeux pour enfants organisée au cœur du quartier populaire des États-Unis à Lyon par le Comité Populaire d’Entraide et de Solidarité. Des dizaines d’enfants et de jeunes, de parents, d’habitants et d’ouvriers organisés des industries chimiques ont pu se rassembler tous ensemble et échanger sur la situation de notre classe. C’est dans une belle ambiance fraternelle que la lutte de libération nationale Palestinienne fusionnait avec les revendications ouvrières de la Chimie et des quartiers prolétaires laissés à l’abandon !

A la fin de l’action, un seul mot d’ordre, une seule mentalité : mobilisons toujours plus dans nos boites, dépassons le « syndicalisme » coincé dans le CSE pour organiser le syndicat de combat et porter la contradiction face à ceux qui nous exploitent !